Banque, assurance et comptabilité parmi les secteurs les plus menacés par l’IA

Certains métiers semblent plus menacés que les autres par l’intelligence artificielle et l’automatisation. Parmi les professions qui devraient avoir complètement disparu à l’horizon 2050 figurent les comptables, employés de banque ou d’assurance. Tel est l’inquiétant constat d’une l’étude intitulée L’Impact de la révolution digitale sur l’emploi et publiée par l’Institut Sapiens.

Pour établir ce classement, le think tank libéral spécialisé dans les problématiques liées aux nouvelles technologies s’est appuyé sur des données de la Dares – le service des études statistiques du ministère du Travail – regroupant les effectifs des emplois classés par familles professionnelles sur trente ans. Résultat : la profession d’employé de banque, dont les effectifs ont fondu de 40 % entre 1986 et 2016, pourrait disparaître totalement à l’horizon 2050, soit quelques années avant les comptables – dont la date d’extinction prévue est en 2056.

Extinction prochaine et rapide

A terme, les employés de banque et d’assurance sont donc les plus menacés. Le secteur ne compte plus que 253 000 employés, contre 323 000 en 1986. Il risque de n’en compter plus aucun d’ici 2038 à 2051, soit une véritable extinction prochaine et rapide d’un métier qui embauchait encore près de 2% de la population active il y a 30 ans.

« Le secteur de la banque connaît un fort bouleversement sous l’effet du numérique », explique Erwann Tison, directeur des études de l’Institut Sapiens. « Le développement des Fintech disrupte un secteur qui était jusque-là relativement protégé ».

Les effectifs assimilés au métier d’employés de la banque et des assurances (principalement les agents de guichets, téléconseillers, employés de services techniques et commerciaux) ont ainsi connu une perte de 39% entre 1986 et 2016, alors que la population active a progressé de 21% sur la période. La plus forte baisse concerne la période 2010-2016 avec une chute de 22% des effectifs qui correspond à l’émergence des technologies financières mais aussi de la digitalisation de la plupart des services bancaires.

Des comptables en sursis

Les employés de la comptabilité ne sont guère mieux lotis. Depuis 2004, les effectifs ont diminué de près de 23% pour atteindre 300.000 actifs, ce qui s’explique par le développement de logiciels destinés à la comptabilité. La tendance est depuis quelques années à l’externalisation du métier de comptable, où celui-ci est partagé entre plusieurs entreprises afin de mieux en réduire le coût.

La seconde vague de diminution aura comme origine la technologie, où des logiciels intelligents dédiés pourront ainsi effectuer les tâches comptables sans intervention humaine. Et il n’y a pas que les “petites mains” à être concernées. Certains s’interrogent par exemple sur le devenir du métier d’expert-comptable.

« La période d’extinction que nous avons estimé relève d’un constat terrible pour cette profession : les jeunes étant actuellement en formation de comptable ne pourront exercer ce métier toute leur vie, et seront obligés de se réorienter et donc suivre une nouvelle formation au cours de leur carrière », relève Erwann Tison.

Se former à de nouveaux métiers

Néanmoins, il existe selon nous une condition indispensable pour permettre aux actifs ayant perdu leur emploi d’en trouver un nouveau, c’est la possibilité de se former tout au long de sa vie par la formation professionnelle. Ne sachant pas avec certi­tude ni la nature des métiers qui embaucheront demain, ni les compétences qui seront alors recherchées, il faut dans ce cas permettre aux actifs d’accéder à une palette large de nouvelles compétences leurs permettant de devenir « employables », peut-on lire dans l’étude.

A ce titre, le développement de formations courtes, professionnalisantes et qualifiantes, axées sur l’apprentissage des soft skills (qui sont les capacités à s’exprimer en public, à travailler en groupe, à mener un projet à terme, à analyser et résoudre un problème donné) et des humanités permettront aux actifs de devenir employable en étant com­plémentaire là où l’IA et la machine ne seront pas présents.


Thierry Iochem – Read more on efinancialcareers.com


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