Management — 13/11/2018 at 15:00

Égalité femmes-hommes au travail : « l’empowerment est la clé »

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girl312

Le site d’offres d’emploi Monster.fr a dévoilé une étude sur les inégalités professionnelles, qui indique que seules 34 % des jeunes françaises estiment avoir les mêmes chances que leurs collègues masculins. À l’occasion d’un mini-débat organisé par le job board, un groupe de professionnelles ont confronté leurs idées pour trouver des solutions concrètes.

Monster.fr vient de dévoiler les résultats d’une enquête (menée par l’institut YouGov auprès de 5 000 salariés français, britanniques, allemands et néerlandais) portant sur l’égalité professionnelle. Cette étude met en exergue des inégalités toujours bien présentes en entreprise, principalement en ce qui concerne l’embauche et les salaires.

A compétences égales, recrutement égal ? « Quand on interroge les salariés sur l’égalité des genres face à l’embauche à compétences égales, moins d’une européenne sur trois considère avoir les mêmes chances que ses collègues masculins tous pays confondus (33 %). Le sentiment de discrimination face à l’embauche est encore plus fort chez les Françaises qui sont respectivement 28 % à estimer avoir les mêmes chances dans un entretien. Autre point : plus les femmes sont avancées dans leur carrière, moins elles pensent qu’à compétences égales femmes et hommes ont les mêmes chances d’être embauchés », indique Monster. Parmi la « génération Z », seules 34 % des jeunes femmes françaises estiment avoir les mêmes chances que leurs collègues masculins.

En ce qui concerne les salaires, moins d’une femme sur trois estime être payée de manière équivalente aux hommes, à travail égal. « Même constat vis-à-vis des promotions ! C’est ici près de 6 femmes européennes sur 10 (58 %) qui considèrent qu’elles doivent travailler davantage », constate l’étude. En outre, seules 41 % des Européennes estiment que femmes et hommes deviennent de plus en plus égaux en entreprise.

« Si on réduit les inégalités d’ici 20 ans, on gagne 6 % de PIB »

« L’écart de salaires en France est de 24 %, voici la réalité des faits. Il faut continuer à pousser ce sujet, car si nous ne faisons rien, l’égalité professionnelle, ce sera pour 2069. Et si on réduit les inégalités d’ici 20 ans, on gagne 6 % de PIB », lance Catherine Reichert, vice-présidente communication de ONU Femmes France (et ex-directrice communication de Yahoo!) lors du dernier « Monster Talk » organisé par le jobboard, portant sur les « solutions concrètes » possibles pour permettre une plus grande égalité homme-femme.

Lors de cette mini-conférence, qui a eu lieu le 8 novembre à Paris, la plupart des femmes présentes (managers, start-uppeuses, fondatrices de réseaux professionnels ou d’associations) s’accordaient au sujet de stéréotypes de genre toujours aussi vivaces, dès l’école primaire, jusqu’au monde du travail. « C’est un débat d’idées, car les clichés sont toujours aussi forts. Par exemple, beaucoup continuent à me regarder bizarrement car je suis une jeune femme de 30 ans, célibataire, qui bâtit une carrière », remarque Pauline Pham, co-fondatrice de Start’Her, une association dont le but est de donner de la visibilité, de sensibiliser et de susciter des vocations chez les femmes entrepreneures, en particulier dans la tech.

“Il faut concentrer nos efforts sur la lutte contre les stéréotypes”

Selon l’étude Monster / YouGov, les salariés européens plébiscitent la transparence des salaires (59 % des femmes et 42 % des hommes) et les congés parentaux partagés (41 % des femmes et 34 % des hommes) pour résoudre les inégalités professionnelles. Ils sont aussi 32 % à prôner une plus grande flexibilité » dans les horaires.

Mais les professionnelles réunies lors du dernier “Monster Talk” avaient d’autres idées à proposer. « Pour une meilleure égalité homme-femme dans le monde professionnel, il faudrait en effet concentrer nos efforts sur la lutte contre les stéréotypes, qui imprègnent notre capacité à se projeter et nous enferme, dès la petite enfance, en menant un vrai travail éducatif », estime de son côté Catherine Reichert. Pour Cécile Bernheim, présidente de Professional Women Network (PWN), un « réseau professionnel international » de femmes, ce travail doit être mené à l’école, mais aussi dans les entreprises elles-mêmes, auprès du top management comme du middle management, et auprès des jeunes femmes, qui « ne réalisent pas toujours leur situation », comme des hommes, qui « sont peu à avoir conscience du sexisme de certains de leurs collègues, et qui perpétuent des biais de recrutement et des clichés bien souvent inconsciemment ».

Former les hommes comme les femmes

Fondatrice du Club Com’Elles (qui réunit des femmes issues des métiers de la communication et du marketing), Catherine Bonneville-Morawski défend ainsi une « formation du management à un comportement bienveillant et moins sexiste », et plus généralement un « écosystème de personnes », avec du mentorat et des salariés pro-actifs, à même de favoriser les carrières féminines, notamment en rassurant celles qui hésitent à prendre des responsabilités, alors qu’elles prévoient à moyen terme d’avoir des enfants.


Fabien Soyez – Lire la suite de cet article sur courriercadres.com


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