Lifestyle — 26/10/2018 at 10:00

Témoignage : « Ce que les banquiers londoniens doivent Vraiment savoir sur Paris avant de venir s’y installer… »

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Je suis une banquière qui travaille pour une grande banque française à Paris. Cela fait plus de 10 ans que je suis ici et j’ai le sentiment qu’il est de mon devoir d’avertir les banquiers londoniens qui pensent que Paris est un monde merveilleux de chansons et de baguettes qu’ils sont loin de la réalité. Personnellement, je ferais presque n’importe quoi pour partir d’ici.

Un banquier français qui a mis les voiles il y a plus de deux décennies avait déjà publié un article sur ce site. Bien que je sois d’accord avec beaucoup de choses qu’il a écrites, je dirais aussi qu’il se trompe – le Paris aujourd’hui est pire que le Paris qu’il dépeint. Il s’est beaucoup plaint des impôts, mais ces derniers ne sont qu’un de mes nombreux problèmes ici.

La France a fait un excellent travail d’auto-promotion. Le Paris d’aujourd’hui vit sous le prisme de sa gloire d’antan mais il est devenu un lieu de conflit social, avec des temps de transport terribles et un salaire épouvantable. Il y a un manque de stabilité sociale qui incite les personnes les plus instruites à partir. Mon cas est loin d’être unique – Une enquête annuelle réalisée auprès des professionnels parisiens a révélé que 84% d’entre eux souhaitaient partir.

Au cours des 18 derniers mois, j’ai moi-même fait l’objet d’agressions à trois reprises à Paris, dont une fois à 6 heures du soir en plein centre de la capitale. Être banquier dans cette ville est bien plus dangereux qu’auparavant, car les banques françaises ont déménagé leurs bureaux sur des campus situés à la périphérie dans des zones que les gens avaient l’habitude d’éviter. BNP Paribas, par exemple, a maintenant un campus sur le boulevard Macdonald dans le 18ème arrondissement et un autre à Pantin dans la banlieue nord-est. Crédit Agricole a un nouveau siège social à Montrouge dans le 15ème arrondissement. Certains de ces lieux avaient la réputation d’être des zones de non-droit . Le site de la BNP se trouve à côté d’un immense chantier de démolition de voitures. Les gens n’aiment tout simplement pas travailler dans ce genre d’endroits – ils ne se sentent pas en sécurité et peuvent se faire voler leurs téléphones en entrant et en sortant du bureau.

Bien sûr, ce sera probablement mieux si vous finissez par travailler pour, disons, Bank of America dans son nouveau bureau situé dans le 8ème arrondissement, qui est très central. Mais même cela ne vous évitera pas d’autres problèmes : des mesures sont prises pour assurer la mixité dans les écoles, ce qui signifie que même si vous vivez dans le 8ème arrondissement, vos enfants pourront se retrouver scolarisés ailleurs, car la mairie veut garantir l’égalité. À moins, bien sûr, que vos enfants ne soient scolarisés dans le privé.

Personnellement, je vis à environ 7 km au sud de Notre Dame. Ce n’est pas loin. Cependant, il me faut encore plus d’une heure par jour pour me rendre au travail. Les transports en commun ici sont très lents et souvent en retard.

Par ailleurs, la vie à Paris est chère. Le logement ici n’est pas bon marché. Et le salaire est terrible. Quand je suis arrivée à Paris (pour des raisons personnelles), j’ai subi une réduction de salaire de 30%. Plus d’une décennie plus tard, je gagne toujours moins que ce que je gagnais outre-Manche avant mon arrivée en France. Je trouverais bien un nouvel emploi, mais ce n’est pas facile. Ce n’est pas un pays anglo-saxon; le marché du travail est presque complètement figé.

Il y a aussi la culture du travail et l’administration. Lorsque vous travaillez en France, vous devez être préparé à un environnement autocratique, hiérarchique et sclérosé. Les promotions se font sur la base du “copinage” – vous avez besoin d’amis. De préférence, vous devez également avoir été dans une grande école ou HEC où vous serez promu quelle que soit votre performance. Dans l’administration, la bureaucratie est lente et accablante. Par exemple, j’ai eu besoin d’un nouveau certificat médical. J’en ai demandé un trois fois et on m’a envoyé la mauvaise documentation trois fois. C’est comme si le secteur public français prenait l’habitude de faire le moins de travail possible. Lorsque vous êtes le destinataire final, cela consomme beaucoup de votre temps libre.


Ivanna Bélanger – Lire la suite de ce témoignage sur efinancialcareers.com


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