Entreprise — 22/06/2018 at 11:00

Comment les jobs dans la fintech sont devenus… ennuyeux

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Jusqu’à présent, le succès dans le secteur de la fintech reposait davantage sur le côté «fin’» que le côté ‘tech ‘. Après tout, il s’agit d’une industrie réglementée où vouloir aller vite et tout disrupter mène plus sûrement vers des problèmes juridiques que vers le succès. Mais l’année 2018 est celle où les fintechs établies commencent à devenir plus matures et dans le même temps les opportunités de carrière… beaucoup plus ennuyeuses.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les success stories des fintechs créées il y a quatre ans. Les anciens disrupteurs sont désormais entrés dans le rang. Zopa a obtenu une licence bancaire et va gérer des dépôts tout en supportant le risque de crédit sur son propre bilan. Transferwise, jadis pourfendeur de l’oligopole des paiements internationaux, a rejoint APACS Faster Payments Service au Royaume-Uni. Revolut, qui a la réputation de faire travailler son personnel plus dur que dans les banques, compte aujourd’hui deux millions d’utilisateurs et lance son propre service de courtage gratuit.

Les sociétés fintech étaient « the place to be » si vous vouliez échapper au monde classique des grandes entreprises. Plus maintenant. D’ici peu, elles seront des piliers des associations professionnelles comme la FBF ou de l’AFME. Signe des temps : le dernier lancement en grande pompe financé par les capitaux-risqueurs n’est autre que celui de ClearBank, une banque de compensation destinée aux petites entreprises.

Quel impact sur les carrières proposées ? A n’en point douter, l’industrie va s’orienter vers une infrastructure stable. Qui plus est, toutes ces sociétés fintechs semblent passer à un stade de développement où la croissance n’est plus leur seule priorité, tant sur le plan commercial que technique. Elles s’orientent également vers le courant dominant et adoptent inévitablement les codes du langage et des affaires courantes. Cela se voit jusque dans les descriptifs de jobs. Si Crowdfunder est toujours à la recherche d’un «Marketing Genius» sur sa page carrière, Crowdcube qui est un peu plus mature recherche un «Responsable des relations publiques».

Certes, l’incursion de l’ancienne finance dans les carrières fintech ne se fera pas du jour au lendemain : le secteur est toujours dominé par des startups et le phénomène blockchain n’est en aucun cas terminé. Mais il est à noter que même si les « best jobs» identifiés par le cabinet Hays se situent principalement dans des domaines passionnants de l’IA et de l’analyse quantitative, les «champions de la culture» (recruteurs et RH) sont également très présents, et que parmi les jobs les plus en vogue cette année figure celui du très passionnant … data protection officer.


Dan Davies – Lire la suite de cet excellent article sur efinancialcareers.com


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