Harvard Business Review — 24/05/2018 at 12:30

“Une femme aura toujours davantage à prouver pour convaincre”

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Hélène Ploix est l’une des deux premières femmes à avoir été diplômées d’un MBA de l’Insead. C’était en 1968. Un autre temps. Son MBA ne l’a d’ailleurs pas empêchée d’être confrontée à des inégalités de traitement, en particulier au début de sa carrière. Très vite, elle intègre Mc Kinsey, où elle restera neuf ans. Tout au long de sa carrière, qu’elle a menée aussi bien dans le secteur public (conseillère pour le gouvernement, Fonds monétaire international, Banque mondiale…) que dans le secteur privé, en particulier dans le private equity, elle a dû, pour pouvoir évoluer,  prouver sans cesse ce qu’elle valait. Car une femme, dit-elle, aura toujours davantage à prouver pour convaincre. Cette interview croisée d’Hélène Ploix et de l’une de ses jeunes collaboratrices, Marion de Bonneville, directeur de participations chez Pechel Industries, permet d’avoir le regard de deux générations, distantes de 40 ans, sur les femmes dans la sphère professionnelle et sur l’évolution de leurs conditions ces dernières années.

Harvard Business Review France : Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées au début de votre carrière professionnelle ? Quand vous êtes sortie de l’Insead, vous dites avoir eu du mal à trouver un poste. A l’époque, on vous a répondu : « Je n’embaucherai jamais une femme ». Ou encore, un autre étudiant, sorti la même année, s’est vu proposer un poste de consultant chez Mc Kinsey, mais pas vous (on vous a proposé un poste inférieur parce que vous étiez une femme). Comment avez-vous vécu la situation à l’époque ? Est-ce que vous avez le sentiment que les choses ont réellement changé ?

Hélène Ploix : Je l’ai acceptée car je savais que je n’avais pas le choix et j’espérais que j’arriverais à être nommée consultante, ce qui est arrivé six mois plus tard. Ensuite, je n’ai pas senti de discrimination de la part des autres consultants ou de la part des managers. Au niveau des partners, dont la majorité étaient anglais ou américains, ce n’était pas la même chose. J’ai toujours senti qu’ils faisaient une différence. Je pense que les choses ont changé, mais pas complètement, et peut-être pas toujours pour les bonnes raisons. Certaines entreprises ont compris que compter des femmes au sein de leurs effectifs pouvait être bénéfique ; d’autres peuvent, au cours d’un recrutement, se poser la question de la part qu’une femme donnera à son travail par rapport à sa vie personnelle (le fait que certains hommes commencent à parler d’équilibre de vie va peut-être faire évoluer les attitudes et mentalités). Ensuite, c’est au moment des promotions que la différence se fait à nouveau car certains s’interrogent toujours sur la capacité des femmes à manager.

Marion de Bonneville : L’histoire va clairement vers une réelle égalité. A l’ESSEC, où j’ai étudié, la mixité hommes femmes était parfaitement intégrée. On ne nous a jamais parlé de métiers “masculins” ou “féminins”. Néanmoins, les femmes de ma génération peuvent encore connaître des expériences quasi discriminatoires. Lorsque j’ai été embauchée dans une entreprise précédente, j’étais rémunérée selon la grille de salaire. Cela paraissait logique. Mais un homme embauché en même temps que moi, au même poste, avec la même expérience, a reçu tout de suite un salaire supérieur.


Lisez la suite de cette interview croisée d’Hélène Ploix, une des deux premières femmes à avoir été diplômées d’un MBA de l’Insead, et de Marion de Bonneville, une de ses collaboratrices, par ailleurs directeur de participations chez Pechel Industries, sur Harvard Business Review France


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