Entreprise — 24/05/2018 at 12:00

Levée de fonds : Les clés pour la réussir

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Plusieurs paramètres sont à considérer pour calculer vos besoins financiers. Et leurs logiques peuvent sembler opposées. Décryptage.

Comment calculer au mieux le montant d’une première levée de fonds (série A) ? Pour nombre d’entrepreneurs, l’étape est cruciale. Ce montant préfigure en effet la valorisation de la société. Pour le déterminer, plusieurs paramètres sont à prendre en compte.

D’abord, informez-vous sur les levées réalisées par des entreprises similaires à la vôtre ou fonctionnant sur le même modèle. Cela vous donnera une idée de ce que les investisseurs en capital-risque (les “VC’s”) sont prêts à offrir. Si l’un de vos concurrents a levé 4 millions et que vous avez moitié moins de clients que lui, en obtenir 2 est tout à fait envisageable.

Tours de tables

L’essentiel vient ensuite : il vous faut évaluer au plus près les moyens financiers nécessaires à la réalisation de vos objectifs de croissance. Si, pour multiplier votre chiffre d’affaires par trois la première année et par deux la deuxième, vous devez recruter des commerciaux, un responsable marketing et un attaché de presse, estimez le budget que cela représente. Le but: préparer correctement la prochaine levée. «Le recrutement des personnes clés et la progression de la société la rendront plus attractive pour un second tour de table, qui intervient dans les dix-huit à vingt-quatre mois suivants», analyse Romain Dehaussy directeur du cabinet de conseil Chausson Finance.

Ne vous montrez pas trop gourmand en début de processus. L’erreur classique est de demander 4 millions en espérant en recevoir 2. Une levée de fonds dure six mois en moyenne. Si vos résultats déçoivent durant ce laps de temps, le montant initial prévu sera impossible à réunir. Certains VC’s risquent de vous lâcher ; d’autres, de vous mettre la pression pour obtenir un deal plus avantageux. “A l’inverse, poursuit Romain Dehaussy, profiter de bons résultats pour augmenter la somme demandée en cours de levée peut attiser la concurrence entre VC’s et faire monter les enchères.”

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Penser à l’avenir

Enfin, ne diluez pas trop le capital de la société. Ne lâchez pas plus de 20 à 30%. Pour une levée de 1 million, la valorisation serait ainsi de 2,3 à 4 millions. Conserver une part majoritaire n’a pas seulement un intérêt patrimonial : cela servira à vous refinancer dans l’avenir. Et, pour les VC’s, un fondateur ultraminoritaire n’a plus la même niaque qu’à ses débuts. Pis : il devient sensible aux sirènes des recruteurs. Ce qui est très mauvais pour le business.

Olivier Simonis, cofondateur de Qualifio (marketing interactif) : “Nous voulions 2,4 millions, nous avons arrondi à 3”

Pendant cinq ans, Olivier Simonis a autofinancé la croissance de Qualifio, sa plateforme de marketing interactif utilisée par 400 grandes marques et médias en Europe. Jusqu’à ce qu’il décide de réaliser sa première levée de fonds pour croître plus rapidement. Le chiffre d’affaires de sa société doit alors passer de 2,5 à 10 millions d‘euros en trois ans. “Nous avons d’abord évalué la somme dont nous avions besoin pour financer de nouvelles ressources commerciales, marketing et techniques permettant d’atteindre cet objectif”, explique-t-il. Le chiffre de 2,4 millions tombe. Pour anticiper des besoins inattendus, le montant est arrondi à 3 millions. Une somme levée en décembre dernier.

LES 5 CRITÈRES À PRENDRE EN COMPTE

1. INSPIREZ-VOUS DE LA CONCURRENCE.
Quels sont les montants levés par des sociétés similaires à la vôtre ? C’est un bon indicateur pour sentir ce que les VC’s sont prêts à investir dans votre secteur.

2. ESTIMEZ VOS BESOINS.
Tenez compte de tous les investissements que vous allez devoir réaliser pour atteindre vos objectifs de croissance.

3. NE SOYEZ NI TROP GOURMAND…
Ne gonflez pas votre annonce au début du processus pour vous laisser la possibilité de l’augmenter en cours de levée.

4. NI TROP TIMORÉ.
Levez suffisamment pour ne pas avoir à répéter l’opération trop vite. Chronophage, la démarche se fait au détriment du business au quotidien.

5. NE DILUEZ PAS TROP.
Cédez de 20 à 30% du capital de la société. C’est, en général, ce que les VC’s demandent.


Bruno Askenazi – Retrouvez cet excellent article sur Capital.fr


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