Économie — 04/04/2018 at 11:00

Les pratiques obscures des plateformes d’échanges de crypto-monnaies

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Coinbase, Binance, Poloniex & co sont pointées du doigt pour leur manque de transparence vis-à-vis des consommateurs et des pouvoirs publics.

Le bitcoin ne dépend d’aucun organe central mais les plateformes d’échanges de bitcoin répondent quant à elles aux réglementations en vigueur. Pourtant, certains acteurs étrangers ne respectent pas toutes les dispositions à la lettre. En France, les deux seules plateformes, Paymium et Coinhouse (La Maison du Bitcoin), sont autorisées à effectuer leur activité sur le territoire car elles sont approuvées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Dans cet article, nous nous focaliserons donc sur des sociétés étrangères, qui, en plus, enregistrent des volumes plus significatifs que les Françaises. L’Américain Coinbase revendique par exemple 13 millions d’utilisateurs dans le monde et a généré un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars en 2017. La Japonaise Binance est l’une des premières plateformes d’échange en termes de volumes quotidiens et a dégagéun bénéfice de plus de de 200 millions de dollars six mois seulement après son lancement en juillet dernier.

Le non-respect de la conformité

Comme toute entreprise du secteur de la finance, une plateforme d’échanges de crypto-monnaies doit respecter certaines règles pour lutter contre le blanchiment d’argent et mettre en place des procédures de KYC (know your customer, le processus pour vérifier l’identité de ses clients). De nombreux utilisateurs ont vuleurs actifs saisis ou gelés dus au manque de compliance des plateformes au regard des lois et réglementations en vigueur. Par exemple, Bitstamp a cessé ses opérations dans l’Etat de Washington fin 2016 pour des “contraintes réglementaires”, dont les détails n’ont pas été communiqués. Poloniex, qui a récemment été racheté par la start-up de paiement Circle, pourrait aussi ne pas être en règle avec les pouvoirs publics américains, à en croire le document montré dans ce tweet :

tweet 

Dans une slide que s’est procurée le journaliste du New York Times, Nathaniel Popper, on peut lire que Circle s’engage à enregistrer la nouvelle entité auprès de la SEC, le gendarme financier américain, et de la FINRA, un organisme équivalent privé, en tant que broker. “La SEC était favorable à cette approche et a indiqué qu’elle ne poursuivra aucune action coercitive pour ses activités antérieures”, est-il écrit. Ce texte montre bien que Poloniex n’était pas une plateforme régulée mais aussi que les autorités américaines sont prêtes à passer l’éponge sur d’éventuelles infractions.

Un manque de communication

Le service client de certaines plateformes est peu réactif. Face à cette absence de réponses, les utilisateurs laissent des messages sur les réseaux sociaux comme Reddit, Steemit ou Twitter.

“Il y a une semaine, j’ai demandé deux retraits sur Bitstamp. Je n’ai pas reçu l’argent. J’ai demandé au service client. Personne ne m’a répondu”, se plaint un utilisateur. “J’ai versé de l’argent via un transfert bancaire. J’ai utilisé toutes les références que vous m’avez demandées. C’était il y a une semaine. Ma banque a confirmé que la somme a été envoyée et reçue. Rien ne s’affiche sur mon compte Coinbase”, témoigne un autre. Certains utilisateurs vont même jusqu’à déposer des plaintes auprès du Bureau américain de protection des consommateurs (CFPB). “Les plaintes contre les exchanges sont récurrentes car les attentes des utilisateurs sont bien plus élevées pour les exchanges que pour les banques. Ils veulent que tout soit rapide”, souligne Pierre Noizat, cofondateur de Paymium.

Depuis avril 2017, la CFPB a enregistré plus de 1 300 plaintes de résidents américains clients de Coinbase.

G1

Plus de 37% des plaintes concernent l’indisponibilité des fonds, 26,8% des problèmes de transactions et 15,6% des problèmes de service (non spécifié). Ces plaintes sont accompagnées de commentaires visibles sur le site de la CFPB. Par exemple, le 23 décembre dernier, un utilisateur écrit : “J’ai créé un compte Coinbase et investi XX livres sterling. J’ai fait une petite plus-value et vendu le stock qui vaut maintenant XX. J’ai essayé de retirer cet argent mais l’entreprise ne me l’autorise pas. Je les ai contactés, sans réponse.”

Des commissions inadéquates

Le sujet des commissions est aussi fréquemment soulevé par la communauté. Sur le site spécialisé Bitsonline, Jon Southurst explique que beaucoup de plateformes ont une politique stricte envers les transactions qui ont été envoyées sur une mauvaise clef (ce qui arrive souvent chez les nouveaux utilisateurs). Après le signalement de l’incident, les transactions ne sont en général pas réapprovisionnées… Tout est donc perdu pour l’utilisateur. D’autres exchanges réapprovisionnent les comptes mais avec une commission un peu salée. CoinExchange.io facture par exemple 0,05 bitcoin par opération (365 dollars le 3 avril 2018), Bittrex facture 0,1 bitcoin (730 dollars) pour les montants de plus de 5 000 dollars au moment de l’envoi. Le wallet Bitcoin.com ne facture aucune commission pour ce type d’opérations, tempère Jon Southurst.


Charlie Perreau – Retrouvez la suite de cet excellent article sur le JournalduNet.com 


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