Management — 11/04/2018 at 12:00

Comment diriger pour durer ?

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Dans la Constitution britannique, le monarque incarne la dignité, le Premier ministre, l’efficacité. Au premier, la vision du temps long, au second, l’art de la prise de décision rapide et l’action. Une alliance dont les dirigeants devraient s’inspirer.

La série télévisée The Crown, sur Netflix, nous montre la future reine Elizabeth II, enfant, qui se rend au collège d’Eton pour y suivre les leçons particulières du vice-recteur de l’établissement. Celui-ci lui transmet l’esprit et les règles de fonctionnement des institutions anglaises. Ils étudient notamment Walter Bagehot, un des premiers éditorialistes du journal The Economist, qui, en 1867, a écrit un essai sur la Constitution britannique.

Selon cet intellectuel, deux éléments de pouvoir coexistent en Grande-Bretagne : l’efficacité et la dignité. Le premier guide les actes du Premier ministre et de son gouvernement quand l’autre accompagne le rôle pérenne de la monarchie. En légitimant les actions importantes – celles qui s’inscrivent dans le temps -, la dignité permet la longévité des pouvoirs.

Joindre l’efficacité à la dignité

Dignité et efficacité vont de pair. Mais il est difficile de les confondre dans une même personne ou une même entité. Elles relèvent de deux ordres et de deux logiques différents, mais si complémentaires… Sans la dignité, le dirigeant donne la priorité au temps court. Il fait aussi disparaître la fonction d’arbitre, pourtant indispensable. En entreprise, trop de PDG ont tendance à n’être habités que par des préoccupations d’efficacité et des visées “court-termistes”. Rester les yeux rivés sur les chiffres et les indicateurs de performance peut en effet faire oublier que le sens de l’action est le vrai levier dans le long terme.

Trop souvent, donc, la notion de dignité est absente. Plus personne n’est là pour rappeler les valeurs fondatrices de l’entreprise lorsque des décisions ou des virages importants doivent être pris. Plus personne ne peut porter le témoignage de l’histoire de la communauté. N’avons-nous pas intérêt à favoriser ce couple efficacité-dignité pour rendre équilibre et sérénité aux pouvoirs institués dans les entreprises ? A l’image de ce qui se fait plus aisément dans les PME familiales, les dirigeants seraient bien inspirés d’intégrer cet attelage conceptuel so british, gage de pérennité pour leurs sociétés.

Voici les lectures de la rédaction de Capital:

- Management : le grand retour du réel. Un vibrant plaidoyer pour le retour du bon sens et de l’humain dans les organisations. 18 euros, VA Press.

- Cap sur l’océan bleu. Retour d’expériences sur les projets Océan bleu lancés il y a une trentaine d’années par W. Chan Kim et Renée Mauborgne. 31 euros, Pearson.

- Social calling. Journaliste à LCI, Emilie Vidaud a enquêté sur une nouvelle génération de patrons. Leur but ? Être utiles à la société et donner du sens à leurs actions. 17 euros, Fayard.


Jean Grimaldi d’Esdra, directeur associé de Formadi, directeur pédagogique à l’Edhec Management Institute – Retrouvez cet excellent article sur Capital.fr


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