Management — 13/03/2018 at 14:00

Ces grands groupes qui cultivent l’esprit Start-Up

by

girl9

Pour rester innovantes, les entreprises cherchent l’inspiration en s’entourant de start-uppers et en adoptant leurs techniques de créativité.

Les grands groupes ont besoin d’air pour innover. En marge de son technocentre de Guyancourt, Renault a ainsi inauguré à Boulogne un laboratoire cocréé avec le Boston Consulting Group (BCG) et baptisé Renault Digital. Dans cette ruche à la culture hybride, 25% de salariés maison bossent en rotation avec 25% de start-uppeurs et 50% de free-lances : on y confronte ses idées, on débat, on enrichit ses connaissances et on invente le travail de demain. Le constructeur vient aussi y pêcher de nouveaux talents pour des projets sensibles, tels ceux liés aux mégadonnées. “Nous sommes capables de monter une équipe opérationnelle instantanément”, se félicite Alain Delprat, codirecteur. Le lab a développé 22 produits en à peine neuf mois.

Chez Natixis, un cluster rassemble une centaine de salariés dans le centre de Paris. “On y incube des projets internes en mode agile et collaboratif”, précise Luc Barnaud, directeur du numérique de la banque. Les financiers se greffent aux équipes techniques le temps d’un projet, en général pour six mois. Une bouffée d’oxygène pour tous : l’occasion de s’essayer au travail pluridisciplinaire, d’inventer, de se tromper et même de pivoter quand le produit ne répond pas aux attentes des clients.

D’autres groupes poussent l’idée de rupture encore plus loin. Dans son i-Lab de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, à Paris, Air liquide héberge des ethnologues, des sociologues, des architectes ou des cinéastes qui phosphorent ensemble sur le dérèglement climatique ou l’urbanisation galopante, sujets susceptibles de représenter demain de nouveaux territoires de croissance pour le géant des gaz industriels. Ces humanistes cohabitent avec des ingénieurs et des intrapreneurs du groupe (60% de l’équipe) dont la seule directive est d’expérimenter et de tester leurs idées. Les labs ne sont pas seulement réservés à quelques happy few. Orange, par exemple, fait tourner tous les six mois une cinquantaine de salariés dans sa Villa Bonne Nouvelle. L’opérateur de télécoms y multiplie aussi les visites éclair, sous forme de séminaires, pour familiariser ses collaborateurs à ce nouveau mode de travail.

On s’y met quand ?

Cela démarre doucement. Selon le premier baromètre French Tech de la collaboration entre start-up et grands groupes en France, seule une vingtaine de ces derniers ont développé… cinq prototypes par an en moyenne avec des start-up. Mais 36,7% de ces bébés-éprouvette nés dans les labs ont franchi l’étape de la commercialisation: c’est plus que dans le cas d’innovations développées en interne.


Christine Halary – Retrouvez cet excellent article sur capital.fr


Leave a Reply

— required *

— required *