Tech — 04/02/2018 at 20:00

Austin : Et si vous lanciez votre Start-up au Texas ?

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SXSW

South By SouthWest ou “SXSW”

Surnommée Silicon Hills, la capitale texane s’impose comme l’un des premiers centres mondiaux de start-up. Visite guidée de cette Silicon Valley sauce texane.

En 2007, Jack Dorsey présente aux geeks du monde entier son nouveau service de microblog en 140 caractères lors du festival des nouvelles technologies d’Austin, le South by SouthWest Interactive. Au terme de sa conférence, il décroche le Web Award, et Twitter démarre en trombe. Dix ans plus tard, l’entreprise compte 330 millions d’utilisateurs. Quant à la capitale texane, elle s’est imposée, avec 2.200 start-up, comme l’un des bastions de la tech américaine. “C’est la deuxième plus forte densité de start-up au monde, juste après la Silicon Valley”, précise l’étude Startup Genome 2017.

Idéal donc pour entreprendre dans le numérique. “Austin est le nouveau San Francisco, mais en beaucoup moins cher”, affirme Nicolas Hazard, patron d’Inco. Il en sait quelque chose. Après avoir créé Tarmac SF en Californie en 2015, c’est au Texas que cet entrepreneur a ouvert en 2016 Tarmac TX, un accélérateur destiné aux jeunes pousses de l’économie sociale et solidaire. “Lorsque Ian Hardgrove, le vice-président de 3M, m’a confirmé que nous lancerions cette structure ensemble, il m’a dit : “Il faut aller à Austin. La tech, c’est là-bas que ça se passe””, raconte-t-il. Voilà sept bonnes raisons de choisir, comme lui, la capitale texane pour tenter sa chance aux Etats-Unis.

- 2 millions d’habitants dans l’agglomération (950.000 en ville).
- 2.200 start-up sont installées à Austin. 700 millions de dollars : c’est, en moyenne la somme levée chaque année par les start-up d’Austin depuis six ans.
- 46 accélérateurs, incubateurs et espaces de coworking présents dans la ville (Source : chambre de commerce, Startup Genome 2017).

1. L’écosystème performant

Les pépites locales les plus célèbres ont pour nom RetailMeNot et HomeAway. Mais Austin compte plus de 2.000 start-up dans les domaines des logiciels, des réseaux sociaux, des objets connectés et de l’intelligence artificielle. “On la surnomme la deuxième Silicon Valley”, note Nicolas Hazard. Pour compléter ce vivier de jeunes pousses, toutes les grosses boîtes de la tech sont présentes dans la capitale texane : Samsung, Google, Facebook… Dell y a installé son siège social (13.000 collaborateurs), Apple et IBM y emploient chacun 6.000 personnes.

Ajoutez à cela plus de 40 accélérateurs, incubateurs et espaces de coworking (de Regus à WeWork, ils sont tous là) et vous obtenez le sixième écosystème des Etats-Unis, dont la valeur est estimée à 13 milliards de dollars (étude Startup Genome 2017). Pas mal pour une agglomération de 2 millions d’habitants !

2. Les prix accessibles

Le coût de la vie à Austin est bien moins élevé que dans la plupart des grandes villes américaines. Il est ainsi de 30% inférieur à celui de Boston et plus de deux fois plus bas qu’à Manhattan ou à San Francisco, selon la National Association of Realtors. “En matière de salaires et d’immobilier, New York est hors de prix. J’ai presque réduit mes dépenses de moitié en arrivant ici”, confirme Hannah Oiknine, la dirigeante de Babbler(plateforme Web de relations presse), installée à Austin depuis un an. Elle détaille : “A Brooklyn, je payais 3.000 dollars par mois pour un deux-pièces. Ici, pour 1.500 dollars, j’ai un trois-pièces avec salle de fitness et piscine dans la résidence.”

Guillaume Houssay, cofondateur et DG Amérique du Nord de la start-up Qowisio (objets connectés), qui a choisi Austin il y a deux ans, estime de son côté que “dans la Silicon Valley, les coûts sont exorbitants. Il faut vraiment avoir un intérêt immédiat à être au coeur de l’écosystème pour accepter de les supporter”. “Ici, les prix sont au même niveau qu’à Paris. Mais cela reste bon marché pour les Etats-Unis”, résume Florence Navarro, responsable de la formation digitale chez Speachme, une jeune pousse nantaise de tutoriels vidéo, arrivée au Texas il y a dix-huit mois.

3. La créativité

Avant de devenir une place forte des start-up, Austin était déjà, grâce au festival South by SouthWest, la capitale américaine de la musique live (lire ci-dessous). Cela a beaucoup influencé l’état d’esprit des acteurs de la tech. “L’écosystème d’Austin a germé dans un environnement généreux et tolérant. Le boom de la technologie a été porté par des gens ouverts, soucieux de sortir des sentiers battus”, analyse Liz Wiley, consule honoraire de France dans la capitale texane, seule grande ville de l’Etat à avoir élu un maire démocrate. “C’est une communauté très créative qui a vu émerger de nombreux réalisateurs, musiciens, directeurs artistiques et artistes. Cela aide les entrepreneurs à recruter et à maintenir ici leurs jeunes talents”, note Brett Cannon, l’un des porte-parole du SXSW.

- SXSW, le festival XXL. Chaque année au mois de mars, Austin organise le festival South By SouthWest ou “SXSW”. Créé par des étudiants en 1987 autour de l’industrie musicale (SXSW Music), puis du cinéma (SXSW Film), il compte depuis 1994 une partie consacrée aux nouvelles technologies. Le SXSW Interactive est le festival tech préféré des Américains, quand les Européens rêvant d’Amérique ne jurent que par le CES de Las Vegas. L’an dernier, le SXSW a accueilli 421.900 visiteurs en dix jours.

4. L’état d’esprit “business friendly”

Austin ne prélève pas d’impôts sur le revenu et très peu sur les sociétés : rien en deçà de 1,1 million de dollars de chiffre d’affaires et 0,75% sur la marge, au-delà. Mais de multiples dérogations sont possibles… et la TVA n’est que de 6,25%. Les entrepreneurs ont donc la belle vie. D’autant que le code du travail est lui aussi peu contraignant : “Il est très simple d’embaucher ou de se séparer de quelqu’un”, témoigne Guillaume Houssay.

Quant aux investisseurs, “ils ne se contentent pas de placer de l’argent dans votre société. Ils vous aident à la développer. On se sent très entouré”. Autant de raisons qui expliquent pourquoi la Fondation Kauffman (qui mesure l’activité entrepreneuriale aux Etats-Unis) a classé l’an dernier Austin deuxième ville américaine (sur 40) la plus propice à “l’entrepreneuriat de croissance”. Derrière Washington DC, mais devant San Francisco et Boston. Excusez du peu.

5. Capital Factory, l’accélérateur star

Barack Obama, Tim Cook… Quand elles viennent à Austin, les personnalités de la politique et des affaires s’arrêtent aupenthouse of entrepreneurship (“suite des entrepreneurs”), situé au 16e étage de la tour de l’hôtel Omni, à l’angle de Brazos et de la 8e rue. C’est là qu’est installé, depuis 2008, l’accélérateur, incubateur et espace de coworking Capital Factory. Au fil des ans, il est devenu le centre névralgique de l’écosystème tech local. “Nous disons aux gens : entrez et engagez la conversation”, souligne Fred Schmidt, directeur de l’international et lui-même multientrepreneur, en faisant visiter le bâtiment, dont le rez-de-chaussée reste ouvert à tous afin de favoriser les rencontres.

La force de l’accélérateur, ce sont ses 165 mentors, tous chefs d’entreprise, disponibles à tout moment pour les débutants. Pour aider les entreprises étrangères à s’implanter et à “atterrir en douceur”, Fred Schmidt a créé, il y a trois ans, le Soft Landing Program. “On vient vous chercher à l’aéroport et on vous aide à vous installer. Nous sommes vos premiers meilleurs amis en ville”, résume-t-il. Capital Factory héberge 250 start-up. Mais au total plus de 700 jeunes pousses gravitent dans son giron en participant, par exemple, à l’un des 1.000 événements que l’accélérateur organise chaque année.

6. Les compétences des ingénieurs

Avec 27 universités et grandes écoles et quelque 180.000 étudiants (selon la chambre de commerce), Austin constitue l’un des plus gros campus américains. Et ses étudiants sont parmi les mieux formés du pays. “Attirés par la qualité des ingénieurs, les principales firmes informatiques, comme Texas Instruments ou IBM, et les fabricants de semi-conducteurs (NXP, Silicon Labs…) ont décidé d’implanter leur centre de R&D ici dès les années 1970”, raconte encore Fred Schmidt.

L’université du Texas a d’ailleurs créé l’un des plus vieux incubateurs du pays. “Aujourd’hui, l’Austin Technology Incubator (ATI), fondé en 1989, aide les start-up des technologies vertes(cleantech) à se développer. Au cours des cinq dernières années, nous en avons soutenu 62. Et nous allons bientôt ouvrir une structure spécialisée dans l’économie circulaire”, précise Mitch Jacobson, son directeur.


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