Entreprise — 24/10/2017 at 10:00

Shadow Comex quand les jeunes prennent le pouvoir dans les entreprises

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Ils sont trentenaires et promis à un bel avenir. Ils ont surtout des idées à revendre à leur direction. Coup de projecteur sur ces jeunes cadres qui murmurent à l’oreille des grands dirigeants.

Un nouveau concept d’hébergement a vu le jour chez AccorHotels : l’enseigne Jo&Joe. Implantée à Hossegor, elle a été lancée sous l’impulsion de 13 salariés, âgés de 25 à 35 ans. La mission de ce shadow comex (ou comité fantôme) : conseiller les hauts dirigeants du groupe et les sensibiliser aux nouveaux usages. Sélectionnés pour leur charisme et leur créativité, ils ont accès à l’ordre du jour du comité exécutif d’Accor et peuvent, en théorie du moins, donner leur avis sur toutes les décisions. Les quinquas qui y siègent peuvent ainsi bénéficier du regard neuf de ces millennials accros à Snapchat et à Lydia.

Bousculer les patrons

D’autres boîtes, comme Pernod Ricard, se sont dotées d’un tel dispositif. Là, les neuf membres du Youth Action Council (YAC) sont élus par les salariés pour un mandat de deux ans, après appel à candidatures. Une initiative du YAC ? L’instauration d’un programme d’échange d’emplois entre salariés, sur un semestre. Chez Havas Media, le Comex Digital Natives a son mot à dire sur les offres que l’agence s’apprête à lancer. “Les jeunes n’hésitent pas à bousculer les patrons d’unité lorsqu’ils trouvent que leurs idées ne vont pas assez loin”, témoigne Stéphane Guerry, président d’une des filiales.

Chaque mois, un des 30 conseillers de l’ombre décrypte la campagne d’un concurrent et en tire des leçons pour l’agence. “Nous leur demandons aussi de réfléchir à des sujets d’anticipation, poursuit Stéphane Guerry, et de ne pas hésiter à se montrer provocateurs. Ils ont, par exemple, imaginé la manière dont les robots pourraient faire disparaître notre métier.”

Des réflexions prospectives assorties de réalisations concrètes : le Comex Digital Natives a ainsi inventé l’Airbnb des matchs de foot, une application qui permet aux fans de partager avec un autre supporter leur canapé… et le coût de l’abonnement Canal+ ou beIN. Un projet actuellement incubé chez Station F.

Redorer une image

Vu leur accès privilégié aux décideurs de l’entreprise, ces jeunes sont aussi là pour faire remonter les besoins concrets exprimés sur le terrain. “Mes équipes aspiraient à ce qu’on puisse automatiser certaines tâches rébarbatives. J’en ai fait part au comex”, explique Antonin Decosse, un ancien de l’Advisory Board d’Adecco.

Encore faut-il que les décideurs soient vraiment à l’écoute et que le shadow comex ne se résume pas à une opération de com pour faire mousser l’entreprise ou tenter de redorer son image auprès des jeunes. “Le meilleur indicateur pour mesurer le sérieux de la démarche est le temps passé par les dirigeants à interagir avec le cabinet fantôme”, indique Edouard Tessier, fondateur du cabinet Anakoa. Sans une vraie implication des grands patrons, la mode des shadow comex pourrait passer comme une ombre.

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