Tech — 19/10/2017 at 15:00

ICO : Comment Bien Les Évaluer ? Quid De La Réglementation Dédiée ?

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Depuis quelques semaines, de plus en plus de médias mainstream évoquent la possibilité d’investir dans le monde de la Blockchain via les déjà célèbres ICO. Véritable phénomène qui fait trembler «l’ancien monde», l’ICO a tout pour plaire, mais quelques pièges sont tendus ici et là. Voici quelques pistes, au-delà de l’action des auditeurs d’un nouveau genre 100% Blockchain, pour identifier les projets les plus sérieux parmi la horde d’ICO proposées chaque semaine…

Pour aller à l’essentiel, une ICO (Initial Coin Offering) est une levée de fonds qui permet à des investisseurs d’obtenir des actifs numériques appelés Tokens en échange d’une crypto-monnaie (la plupart du temps basée sur l’Ether ou le Bitcoin). 

Dans le monde de la Blockchain, cette levée de fonds s’apparente plus au pré-paiement d‘un service (et non des parts ou des actions comme on peut le lire un peu partout), mais il est important de souligner que ces tokens n’offrent aucun droit (a contrario d’une part au sein d’une société «classique»). 

Le paradigme de l’ICO

À titre d’exemple, si une compagnie aérienne réalise une IPO classique, celle-ci permettra d’acquérir des actions, alors que l’ICO permettra d’acquérir des Milesdans le cadre d’un service de cette même compagnie aérienne.

Concernant les initiateurs d’ICO, ce financement leur permet donc de créer leur application adaptée au protocole Blockchain (au sein de l’écosystème Ethereum ou Bitcoin). Dans certains cas, ce financement permet de financer directement un protocole à part entière (Tezos par exemple). Dans tous les cas, l’avantage est immense : éviter le système habituel de levée de fonds qui n’autorise jamais un tel financement à des projets aussi embryonnaires (aucune obligation d’avoir de la traction et/ou des tests concluants). Dans ce cadre, le système actuel (business angel, VC,…)…n’existe plus.

Concernant les investisseurs, il faut bien noter que tout le monde peut, à ce jour, investir au sein d’une ICO. Cette technique de crowdfunding est ouverte via des plateformes dédiées, il suffit de disposer d’un certain montant en cryptomonnaies pour acheter des tokens. Le principal avantage est relatif au fait que les investisseurs peuvent placer leurs deniers dès le début d’un projet (early adopter). Autrement dit, l’objectif purement spéculatif peut être maximisé puisqu’il n’est pas rare qu’un token ait une valeur décuplée en quelques jours (Stratis a connu une rentabilité exceptionnelle).

Réglementation des ICO, où en sommes-nous ?

Comme vous pouvez l’imaginer, ce nouvel écosystème est aussi enthousiasmant que…non régulé ! Les États se penchent évidemment sur le sujet (taxation, contrôle des ICO, etc…), mais les annonces sont encore trop évasives et souvent contradictoires d’un jour à l’autre (Russie et Chine notamment). Au-delà du fait que la France aurait un immense intérêt à devenir «Blockchain Friendly» pour accueillir toute cette matière grise, les États sont encore très protectionnistes envers le monde réel.

Toutefois, le principe philosophique du Bitcoin, et par extension de la Blockchain, est de s’auto-réguler. En ce sens, certains organismes comme The Grape (basé à Londres) sont devenus des certificateurs d’ICO. Autrement dit, les équipes de ces entités réalisent des audits complets afin de certifier les ICO sérieuses. De facto, cela crédibilise les projets qui doivent l’être, et, cela rassure une demande toujours plus nombreuse et encore peu éduquée qui peut tomber dans certains pièges…

Comment bien choisir son ICO ?

Face à ce constat particulièrement enthousiasmant, le plus complexe reste à faire, à savoir identifier les ICO les plus prometteuses et les plus sérieuses. En effet, de nombreuses arnaques se sont déroulées ces derniers mois, et, les projets qui devaient voir le jour se sont tout simplement évaporés…avec l’argent des investisseurs (sic).

Pour éviter cette désillusion, voici quelques points que les services de certification prennent en compte pour évaluer une ICO (j’ai volontairement éludé les paramètres techniques comme le Testnet, l’audit du code,…) :

- Le «White Paper» (sorte de business plan) est-il présent ? Est-il complet (présence d’une Roadmap datée, indication claire de la somme nécessaire, existence d’une application bêta,…) ? Est-il disponible en plusieurs langues (comme cela était le cas de DomRaider) ? Méfiez-vous des ICO n’ayant qu’un simple site web, voire une simple landing page…

- Quid du marché ? Est-ce que leur application va réellement répondre à un problème précis ? Présence de concurrents ? Ont-ils scellé des partenariats sérieux ? Votre avis personnel vaudra toutes les préconisations du monde…

- Quid de l’équipe ? L’historique de chaque membre est-il bien présent ? Le savoir-faire spécifique à leur marché est-il mis en avant? Ont-ils antérieurement participé à des projets ? Les équipes trop «petites» et les présentations bâclées doivent vous freiner…

- Quid de leur communication ? Sont-ils présents sur les plateformes essentielles (Twitter, BitcoinTalk, Slack, Reddit,…) ? Ont-ils un blog actif présentant leur évolution? Une faible présence, en 2017, n’est pas éliminatoire, mais peut poser des interrogations…

- Quid de la distribution desdits tokens ? Date précise ? Via quel protocole ? Avant ou après le développement d’une potentielle application bêta ?

À vos wallets !

Retrouvez cet article sur forbes.fr

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