Tech — 12/06/2017 at 14:25

Token veut aider les banques à s’ouvrir à l’open banking

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La start-up américaine a bouclé une levée de fonds de 18,5 millions de dollars en avril dernier. Son secret ? Anticiper la directive européenne DSP2 dont la mise en application approche.

La directive européenne DSP2 sur les services de paiement, qui dès 2018 imposera aux banques l’ouverture d’une partie de leurs données clients, ne fait pas que des heureux. Concurrence des fintech, perte de clients, ouverture des données… Pour les banques, l’open banking représente surtout une menace. Depuis quelques mois, de nouveaux acteurs sont apparus pour transformer cette menace en opportunité. C’est le cas de Token, une start-up californienne fondée en 2015 par Steve Kirsch, serial entrepreneur et inventeur de la souris optique. La jeune entreprise de 23 salariés propose des API permettant de se brancher au système informatique d’une banque et d’effectuer des transactions en conformité avec la directive. La DSP2 obligera en effet les banques à garantir un niveau de sécurité encore plus élevé. Selon une étude de Finextra parue en 2015, 88% des banques européennes sont toujours préoccupées par les risques de sécurité.

Cette inquiétude a profité à Token. En avril dernier, la société américaine a levé 18,5 millions de dollars notamment auprès de fonds d’investissement européens (Octopus Ventures, EQT Ventures) et du premier groupe bancaire finlandais, OP Financial Group. Ce financement lui permettra d’accélérer le développement de son logiciel et de recruter une trentaine de personnes en 2017, qui seront réparties entre le centre de R&D (San Francisco) et le pôle commercial (Londres). Elle compte séduire le top 250 des banques européennes entre 2017 et avril 2019, date à laquelle les acteurs bancaires devront être en conformité avec la nouvelle réglementation.

Pour les convaincre, Token met en avant plusieurs arguments dont celui de l’innovation à bas coût. “Grâce à notre plateforme, elles ont plus facilement accès aux API d’autres banques, ce qui leur permettent de créer de nouveaux produits, d’acquérir de nouveaux clients et par conséquent de générer des revenus supplémentaires”, résume Todd Clyde, COO de la jeune pousse. La solution de Token a été entièrement conçue pour réduire le coût de mise en œuvre de la DSP2. Les banques doivent seulement connecter leur infrastructure existante à Token, qui leur assure un niveau de sécurité élevé tout en leur faisant bénéficier des avantages du cloud (time-to-market rapide et accélération de l’innovation).

Token se considère avant tout comme un allié des banques mais cherche aussi à les réconcilier avec leur écosystème de partenaires, dont les fintech. La start-up américaine vend aussi son logiciel aux PSP (Prestataire de Service de Paiement) et aux agrégateurs de compte. Les clients de Token (banques, start-up…) peuvent avoir accès aux données clients des banques de manière sécurisée (sans que les données sensibles ne quittent jamais la banque). Car aujourd’hui, les fintech ont recours au “scraping”, une technique qui consiste à extraire le contenu d’un site pour l’utiliser sur un autre site… Une solution peu sécurisée pour les consommateurs.

Par ailleurs, les clients de la plateforme devront payer aux banques l’accès à ces données, comme le prévoit la directive. “C’est gagnant pour tout le monde. En plus, la banque n’est pas désintermédiée comme elle peut le craindre. Au contraire, elle est placée au centre de l’open banking”, estime Todd Clyde.

La start-up est actuellement en discussion avec 90 banques européennes et a déjà signé plusieurs contrats dont deux ont été rendus publics : OP Financial Bank et Fidor Bank, la banque allemande rachetée par BPCE en février dernier. Token a fourni son logiciel à Fidor Bank, qui l’a intégré à sa solution de “banking as a service”. Pour l’heure, la jeune pousse n’a pas encore de clients en France mais assure être en contact avec les grands établissements français. “Nous sommes très intéressés par le marché français. Nous nous sommes rendus à plusieurs événements à Paris. Nous avons discuté avec BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE et Société Générale”, glisse Todd Clyde.

La start-up ne souhaite pas se cantonner au marché européen. “Une fois que la vague d’open banking sera passée en Europe, on commencera à s’attaquer à d’autres régions du monde. Certains pays sont intéressés par ce phénomène comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour et le Canada”, précise Todd Clyde. En attendant, la jeune pousse espère ouvrir un deuxième centre de R&D en Europe dans les prochains mois.


Source : Charlie Perreau – JDN

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