Management — 28/06/2017 at 12:00

Pourquoi les quants ne veulent pas (toujours) travailler pour les banques

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Chung (un pseudonyme) a quitté l’équipe Strats de Goldman Sachs. Après plusieurs années dans la banque, il en a eu assez. Il va tenter de se reconvertir dans hedge fund voire une fintech. Bref, tout sauf une banque. Chung était un vendeur strat (le terme de Goldman Sachs pour qualifier les quants) : sa fonction consistait à structurer les transactions et analyser les trades. Si un client voulait mettre en œuvre une stratégie de couverture en utilisant des options, c’était lui qui s’en occupait. Si un autre client voulait une analyse de la corrélation entre le volume et la valeur relative, c’était lui aussi.

« J’étais à la base un vendeur quantitatif », explique-t-il. « J’ai utilisé mes compétences ‘quant’ pour générer des revenus, mais ce n’était pas facile. Je n’étais pas considéré comme un rouage essentiel de la franchise et de la clientèle, et cela ne me donnait pas envie de faire long feu. D’autant que plus vous vieillissez, plus il devient difficile de prouver votre valeur ».

Le départ de Chung de l’équipe strats de Goldman est passée relativement inaperçu par rapport à celui d’Antonio Garcia-Martinez, un ancien pricing strat du desk des dérivés de crédit. Celui-ci a quitté Goldman en 2008 et lancé deux ans plus tard un blog satirique sur la banque sur la base de son expérience. Il y soutient que les quants de Goldman étaient un groupe de data scientists ratés. « Nous étions surtout aux basques des traders », explique Chung, ajoutant que les quants les plus courageux essayaient de maintenir leur supériorité intellectuelle en rédigeant « des documents académiques sur les aspects plus théoriques de leur travail », bien que leurs noms aient été effacés chaque fois qu’ils sont partis faire autre chose.

Les quants avec lesquels nous nous sommes entretenus nous ont dit que l’expérience de Garcia-Martinez n’était plus d’actualité. Aujourd’hui, il n’y a plus de luttes d’egos comme il le déplorait mais la pénurie de talents universitaires fait que les quants se sentent un peu spéciaux.

Andrej Karpathy, un docteur de Stanford et chercheur chez OpenAI vient de répertorier les institutions clés dont les documents de recherche ont été acceptés par ICML, une conférence sur le machine learning qui se tient en Australie. Les vingt premiers incluent Google, Microsoft et Facebook, ainsi que des universités de premier plan comme Berkeley, Stanford et Princeton. Il n’y a pas de banques sur la liste de Karpathy, ni même de hedge funds. Cela pourrait expliquer pourquoi David Ha, ancien co-directeur du trading taux japonais chez Goldman, a quitté la banque pour une chaire de recherche chez Google Brain, désireux qu’il était d’en apprendre davantage sur le machine learning.

En tant que vendeur strat chez GS, Chung explique qu’une partie du problème était qu’il n’écrivait pas vraiment de code : « Je serais peut-être resté plus longtemps ici le cas échéant ». Quand il a quitté Goldman, Garcia-Martinez a passé de longues heures à coder. D’abord, il a créé AdChemy, un outil de gestion des offres pour les échanges de médias en ligne. Ensuite, il a codé AdGrok, un outil de recherche marketing. Ce dernier a été vendu à Twitter et Garcia-Martinez a rejoint ensuite Facebook. Depuis 2015, il a écrit un livre sur la Silicon Valley. Bref, les choses semblent plutôt bien marcher pour lui.

Concernant Chung, l’avenir semble moins radieux. Il croit en ses chances de rejoindre un hedge funds, même si ceux-ci s’intéressent davantage aux spécialistes des données qu’aux quants ayant une expérience dans la vente. Peut-être d’ailleurs aurait-il dû rester chez Goldman puisque Marty Chavez, le nouveau CFO, est lui-même un ancien strat. Conséquence : le site carrières de la banque regorge d’offres de postes de strats, Goldman partageant la vision de Chavez consistant à créer un vivier de données grâce au machine learning.

S’il devait rester chez GS – ce qu’il ne veut pas – Chung dit qu’il opterait probablement pour un poste de codeur sur tout le processus des dérivés qui « nécessite beaucoup d’attention, avec le client qui appelle les ventes, demande une cotation, avant que les vendeurs n’appellent le desk de trading, que celui-ci procède à la cotation, indique aux vendeurs l’offre, vendeurs qui à leur tour rappellent le client, le tout étant supposé être automatisé ».


Source : Sarah Butcher, efinancialcareers.com

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