Économie — 02/06/2017 at 10:00

Brexit : les banques américaines de la City susceptibles de s’installer à Paris, et donc de recruter…

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L’opération séduction de la place financière de Paris menée la semaine dernière à New York porterait-elle déjà ses fruits ? Toujours est-il qu’un article paru cette semaine dans le Financial Times fait état de 20 banques et gestionnaires de fonds qui, depuis l’élection de Macron, pourraient finir par choisir la France comme place financière européenne alternative à la City de Londres après le Brexit.

Parmi les banques américaines en question figurent Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley. JPMorgan Chase fait également partie des banques concernées, même si cette dernière avait indiqué début mai qu’elle avait déjà choisi Dublin, Francfort et Luxembourg dans le cadre de la délocalisation vers l’Europe de centaines de personnes travaillant actuellement à Londres. Cela dit, J.P. Morgan entretenant depuis longtemps des liens avec Paris, il serait facile pour elle d’y transférer des effectifs depuis Londres.

Surtout, il n’y a pas que les banques qui, outre-Atlantique, lorgnent désormais sur la capitale française. Blackrock, la plus grosse société de gestion d’actifs au monde qui emploie plus de 2.000 personnes à Londres, est elle aussi partie prenante des négociations avec les représentants de la place financière parisienne.

L’effet Macron est passé par là…

Le FT rappelle que les banques américaines, y compris Goldman Sachs, ont une présence importante dans la capitale française, mais que les financiers américains se sont montrés jusqu’à présent très prudents, pointant du doigt l’excès de taxes, de réglementation et de bureaucratie dans l’Hexagone. Les choses pourraient cependant changer rapidement. « L’élection d’un nouveau président – très orienté business- change la donne », a confirmé Christian Noyer, président honoraire de la Banque de France, en marge de son déplacement à New York.

Jusqu’à présent c’était surtout Francfort qui faisait office de favori pour accueillir le plus grand nombre de jobs bancaires en provenance de la City. Mais Paris n’entend pas se faire damer le pion, bien au contraire. « Je ne comprends vraiment pas pourquoi certaines banques américaines s’intéressent à Francfort. Être près de la BCE ? Il y a autant de différences qu’entre New York et Washington. Voulez-vous être près de la police ou près de vos clients? », ironise ainsi Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, cité par le FT.

Des contacts discrets mais nombreux

« Paris a toutes ses chances », a indiqué pour sa part François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, lors d’une conférence de presse organisée pour la présentation du rapport annuel d’activité de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). « Nous avons des contacts discrets mais nombreux et sérieux », avec des banques installées à la City, a par ailleurs ajouté l’ancien dirigeant de BNP Paribas.

D’après lui, la plupart des établissements internationaux ont marqué leur volonté de se déplacer hors de Londres mais prennent leur temps. Le tempo devrait cependant s’accélérer dans les semaines et les mois à venir.

Des mouvements imminents ?

Certes, à ce jour, la banque HSBC est la seule grande institution à avoir annoncé son intention de déplacer en importance du personnel de Londres à Paris. Mais les grandes banques américaines ne vont pas attendre l’issue des négociations autour du Brexit entre Bruxelles et Londres qui commencent officiellement le 19 juin et devraient durer deux ans sinon plus – avant de prendre une décision.

Ainsi, Daniel Pinto, le patron de la banque d’investissement de JP Morgan, a déjà déclaré que sa banque ne pouvait pas se permettre d’attendre de savoir comment l’industrie financière allait être régulée après le Brexit. Même son de cloche chez Richard Gnodde, le patron Europe de Goldman Sachs qui, en mars dernier, a confirmé que la banque transférerait des centaines de collaborateurs hors de Londres avant qu’un accord de Brexit ne soit trouvé, précisant même qu’il avait déjà commencé à mettre en œuvre ces plans.

Si ce n’est déjà fait, il est peut-être grand temps d’envoyer votre CV au bureau parisien d’une banque américaine…


Source : Thierry Iochem, efinancialcareers.com

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