Le gigantesque fonds norvégien résiste au contre-choc pétrolier

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Il a enregistré son plus faible rendement depuis 2011, mais ses actifs ont continué de grimper à 800 milliards d’euros. Le plus grand fonds souverain au monde s’est dit confiant dans sa capacité à sortir de l’ère du pétrole fort.

La crise pétrolière n’a pour l’instant que peu d’impact pour le plus grand fonds souverain au monde, celui de la Norvège. Le fonds a enregistré un rendement de 2,7 % en 2015. C’est sa plus faible performance depuis 2011 (-2,5 %), mais dans un environnement très agité (contre-choc pétrolier, crise des émergents, Chine, remontée des taux aux Etats-Unis…). Son Etat n’a retiré que 6,8 milliards de couronnes, en début d’année, afin de le mettre à contribution pour les dépenses publiques, du fait de la chute des cours du pétrole. Cette ponction est ainsi négligeable au regard de la croissance de ses actifs (334 milliards de plus en 2015) et elle est sans la moindre incidence sur sa politique de gestion.

D’ailleurs, en 2015, le fonds avait encore reçu 42 milliards de couronnes de la part de son Etat. Il avait choisi d’investir cet argent frais dans les obligations et l’immobilier. Cette année, le fonds souverain évalue à 80 milliards de couronnes les retraits de la part de son Etat, soit 1 % de ses actifs sous gestion. « Nous n’avons pas contribué au récent mouvement de baisse des marchés et nous ne prévoyons pas de changement dans notre stratégie d’investissement », a assuré le directeur général du fonds pétrolier, Yngve Slyngstad, lors d’une conférence de presse.

Ses placements en actions, qui lui ont rapporté 3,8 %, expliquent l’essentiel de sa performance globale, les actifs boursiers étant sa première classe d’actifs (61,2 % de ses actifs totaux). Le fonds est prêt à tolérer une grande volatilité de ses placements boursiers, qui génère aussi des opportunités quand les marchés baissent. Ainsi, depuis 2009, son portefeuille boursier a connu quatre années de performance à deux chiffres (2009, 2010, 2012, 2013) et une de contre-performance (-8,8 % en 2011).

En 2015, ses placements dans des groupes comme Alphabet, Amazon et Microsoft ont été gagnants à la différence de ses investissements dans Royal Dutch Shell, Glencore et Banco Santander. Il a participé à 144 introductions en Bourse, notamment celle de Japan Post Holdings, Japan Post Bank, Aena (aéroport). Le fonds se donne la possibilité d’investir sur de nouveaux marchés financiers en Estonie, Botswana, Arabie saoudite et Lituanie.

Paris gagnants
Il a investi l’année passée dans des entreprises cotées au Pérou, au Bangladesh et au Sri Lanka. Le fonds ne peut toutefois y investir qu’avec parcimonie, compte tenu de ses actifs colossaux au regard de la taille encore trop limitée de ces marchés. Sur les obligations (35,7 % de ses capitaux), le fonds a limité les dégâts avec une performance stable (+0,3 %). Il a enregistré des gains sur les obligations d’Etat américaines (+5,9 %) et obligations d’entreprise (+2,7 %), mais a perdu de l’argent sur les titres d’Etat de la zone euro (-5,8 %) et ceux des pays émergents (-4,9 %).

Dès son origine, le fonds souverain a fait une série de paris qui se sont avérés gagnants, encore en 2015, il a été décidé de ne pas se disperser sur trop de classes d’actifs complexes (« hedge funds »), de gérer lui-même la majeure partie de ses capitaux, de porter une attention aussi forte à la maîtrise de ses coûts qu’à la recherche de performance… Ainsi, le directeur général du plus gros fonds souverain de la planète a reçu un salaire de 670.000 euros en 2015, à peine trois fois plus qu’un trader à Londres.


Source : Les Echos

 

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