Économie — 03/02/2016 at 15:14

Energies renouvelables : l’investissement qui monte

by
summer
Entre la COP21 et la loi de transition énergétique, les conditions sont très favorables aux investissements dans des énergies plus propres.

Les infrastructures en énergies renouvelables apparaissent de plus en plus comme un domaine d’investissement à part entière. C’est la cible de fonds spécialisés comme ceux lancés par Allianz GI, Acofi ou Mirova. Il est vrai que les facteurs de soutien ne manquent pas. « Depuis 2014, il y a une vraie prise de conscience que les énergies renouvelables sont moins dépendantes des politiques publiques ou de technologies balbutiantes, explique Raphaël Lance, directeur énergies renouvelables de Mirova. Aujourd’hui, le solaire est moins cher que le nucléaire de dernière génération. »

« Financièrement sous pression »
A cela s’ajoute un contexte qui, entre les décisions de la COP21 et la loi de transition énergétique, est très favorable aux investissements dans des énergies plus propres. Et l’argent institutionnel est le bienvenu. « Les acteurs intégrés traditionnels du secteur de l’énergie, financièrement sous pression, cherchent des partenaires, constate Vincent Levita (InfraVia). La transition énergétique démarre et ouvre un champ énorme pour les projets d’efficacité énergétique. »

Plus sécurisant qu’avant, le domaine des énergies renouvelables va en outre bénéficier du plan Juncker, avec des mécanismes de rehaussement de crédit permettant encore de diminuer le risque. Avec la diminution des rendements sur les produits de dette, les investisseurs sont de plus en plus amenés à préférer l’investissement en capital, souvent via des fonds. Eurofideme 3 (Mirova) vise à lever 250 millions d’euros et pourra mêler dette et capital. « Nous ciblons des projets de petite et moyenne taille dont nous finançons la construction, pour pouvoir déployer rapidement le capital », indique Raphaël Lance. Le fonds Transition Energétique France d’Acofi préfère les actifs dits « brownfield », c’est-à-dire déjà achevés ou en phase terminale de construction, et a par exemple investi dans la centrale solaire emblématique de Cestas, en Gironde : la plus grande d’Europe. Pour un institutionnel, pouvoir « afficher » un tel investissement dans son rapport extrafinancier n’est sans doute pas négligeable.

Certes, l’attrait important du secteur des renouvelables incite à la sélectivité et la rentabilité de certains sous-segments, comme l’éolien en Allemagne, commence à être tendue. « Dans les investissements en infrastructures en général, les leviers actuels ne sont pas excessifs. Il faut de la discipline, mais on a retenu les leçons de la dernière crise », estime cependant Vincent Levita.

Si l’immobilier est entré dans les moeurs des institutionnels, la délégation de la gestion s’impose souvent sur des infrastructures aussi spécialisées. « Dans le secteur, il y a une prime d’illiquidité mais aussi une prime de complexité, résume Thibaut de Saint-Priest, directeur général d’Acofi. Nous avons sur les projets une vision technique autant que financière. Il faut se faire une conviction sur la pérennité technologique des projets et nous privilégions ceux où le prix de rachat est le plus bas possible. » On n’investit plus dans les renouvelables pour le côté défiscalisation ! Pour autant, les rentabilités espérées sont encore appréciables : de 8 % à 10 %, avec un rendement courant de l’ordre de 5 %. Voilà qui ressemble plus au profil de rendement de l’immobilier qu’à celui du « private equity ».

Les Echos

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