Management — 22/01/2016 at 14:43

Bonus : les banquiers, enfants gâtés de la finance ?

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Il est de notoriété que les banquiers en front-office et les consultants en stratégie figurent parmi les mieux payées des professions financières.

A la question de savoir si ces derniers – dont vous faites peut-être partie – seront satisfaits ou non du montant du bonus qui leur sera attribué au titre de l’année 2015 et qui sera versé dans les prochaines semaines. Il est encore trop tôt pour y répondre. Par contre, il est possible de mesurer le taux de satisfaction de ces banquiers et consultants à l’aune des bonus qu’ils ont perçus l’an dernier.

A ce sujet, le site spécialisé dans les statistiques sur les rémunérations dans le secteur financierEmolument.com a mené une enquête de satisfaction auprès de 1.435 banquiers en front-office et 1.217 consultants en stratégie travaillant en France, et dont respectivement 82% et 64% d’entre eux ont reçu un bonus l’an dernier. Voici les résultats de cette enquête dans les deux tableaux ci-dessous :

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« Les banquiers seraient-ils enfants gâtés ? Seuls 28% d’entre eux sont satisfaits de leur bonus pourtant jusqu’à 7 fois plus élevés que ceux de leurs collègues consultants qui eux, a contrario, sont satisfaits à 40% », précise Alice Legay, co-founder & COO chez Emolument. « Dans ce qui peut être perçu par le public comme une certaine paranoïa, les banquiers seniors sont à 80% insatisfaits ou incertains d’avoir été bien payés, malgré des primes de 80.000 euros en moyenne ».

Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas que les banquiers seniors, puisque 60% des banquiers juniors qui ont touché l’an dernier leur tout premier bonus se disaient insatisfaits (20%) et surtout incertains (40%) d’avoir été bien payés. « Le manque de sommeil dû à de longues heures interminables de travail pourrait d’une certaine façon expliquer ce sentiment d’incertitude », souligne Emolument. Et l’année 2016 ne devrait pas arranger les choses, Emolument anticipant globalement une baisse sensible des bonus par rapport à l’an dernier.

Rester… ou partir
«Quitter votre job simplement parce que votre bonus est trop bas n’a pas de sens à l’heure où la plupart des desks de trading ont enregistré de mauvaises performances », rappelle dans nos colonnes David Reynolds qui travaille dans le fixed income au sein de la société de recherche Scott Reynolds Partners. « Par contre, la question du départ se pose  lorsque votre contribution aux résultats a été significative et que vous n’avez pas été payé en retour ».

Dans ce cas, les banquiers candidats au départ pourront toujours se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas seuls. En effet, d’après une récente enquête de Robert Walters, 60% des salariés français interrogés comptent changer de travail en 2016. « Si ces données se confirment, les employeurs doivent d’ores-et-déjà travailler à la rétention de leurs talents, au risque de les voir s’envoler vers de nouveaux horizons », explique Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half France.

L’art de la rétention des talents
Un constat qui vaut surtout pour les générations Y qui attendent davantage d’implication de la part de l’entreprise D’après l’étude Millennial de Deloitte, près de 9 collaborateurs sur 10 issus de la Génération Y estiment que la réussite d’une entreprise devrait être mesurée sur des critères allant au-delà des seuls résultats financiers. « Une entreprise devrait ainsi être évaluée non seulement en fonction de sa performance financière que de la façon dont elle développe ses talents, se comporte avec ses clients et contribue à l’évolution de la société ».

Concernant le développement des talents en particulier, « avec de plus en plus de diplômés qui cherchent à travailler pour les startups ou monter leur propre entreprise, les domaines du Management &  Stratégie de même que le Conseil IT pourraient bien devenir plus attrayants que la banque, en offrant aux diplômés une approche plus concrète pour monter une entreprise », conclut Alice Legay. De quoi faire méditer les services RH des banques désireuses de retenir les meilleurs, surtout lorsque ces derniers jugent leurs bonus insuffisants.

Efinancialcareers

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