Brevan Howard attend de la Fed une hausse des taux libératoire

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Ce fonds « global macro », leader de sa stratégie, est tout juste à l’équilibre.

Brevan Howard, le plus réputé des hedge funds « global macro », qui investit sur tous les grands marchés, est à la peine. Il va réduire ses effectifs globaux, actuellement de 400 personnes, de près de 10% selon « Reuters » . La chute de ses capitaux sous gestion de 35 à 25 milliards de dollars en un an, du fait de ses performances décevantes et de la fermetures de certains de ses fonds (émergents, matières premières), l’incite à réduire la voilure. En outre, il doit faire face à la concurrence de Chris Rokos , un des anciens co-fondateurs de Brevan Howard, qui a créé son propre hedge fund, entraînant des clients avec lui.

Le hedge fund de Brevan Howard a une performance stable sur les 9 premiers mois de l’année alors que les fonds global macro ont gagné à peine 1,5% selon les indices Edhec Risk alternatives. L’année passée, comme un sombre présage, il avait connu la première baisse de son rendement (-0,8%) depuis son lancement en 2003. En 2014, il avait perdu de l’argent sur les actions japonaises, le dollar canadien et les obligations d’Etat américaines. Il avait nettement réduit sa prise de risque et décidé de se concentrer davantage sur l’expertise historique du fonds, les obligations. En 2013, il avait gagné 2,7% et 3,9% en 2012. Sa dernière « grande » année remonte à 2008 où il progressa de près de 20%.

Une stratégie mise à mal par les politiques monétaires non conventionnelles
Depuis 2001, les hedge fund de la stratégie global macro ont gagné en moyenne 6% par an. Une réalité loin des attentes des investisseurs qui ont tendance à voir ces fonds, qui comptent de nombreuses stars du secteur (Tudor Jones, Louis Bacon…), comme bien plus performants qu’ils ne le sont dans la durée. Leur stratégie qui consiste à parier sur les grandes tendances macro-économiques et thématiques (reprise japonaise, « risque Chinois »…) a, en outre, été mise à mal dans un environnement bouleversé par les politiques monétaires non conventionnelles des banques centrales. Elles sont synonyme de mouvements de flux et reflux sur les marchés : un jeu auquel il est très difficile de gagner à chaque occasion. L’absence de tendances couplée aux bonds ponctuels de la volatilité a piégé de nombreux hedge funds.

Les global-macro attendent fébrilement la première hausse des taux aux Etats-Unis , qui, ils l’espèrent va enfin « libérer » les  marchés. Les rendements des stratégies alternatives sont en effet cycliques. Seulement les investisseurs ont tendance à retirer leur argent de ces stratégies au plus mauvais moment, c’est-à-dire avant qu’elles progressent. Les retraits de capitaux des fonds global macro depuis juin sont, ainsi paradoxalement, un bon signe pour la performance de cette stratégie dans les mois à venir.

Les Echos

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