Les hedge funds, au défi de la régulation et de la performance

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Même si les investisseurs n’ont pas oublié les fortes turbulences de 2008-2009, l’industrie des hedge funds a partiellement retrouvé leur faveur. Son encours a dépassé, en 2012, son sommet d’avant crise à plus de 2.000 milliards de dollars.

Les stratégies alternatives ont bénéficié d’une forte collecte de la part des investisseurs institutionnels en quête d’actifs de diversification dans un contexte de taux bas. Mais quelle peut être la pérennité de cette tendance? En 2014, les performances médiocres des hedge funds ont conduit certains investisseurs institutionnels à s’interroger sur la pertinence des placements alternatifs.

Autre évolution, transparence et contrôle optimal des risques sont devenus des prérequis pour tous les institutionnels. Corollaire, l’industrie s’est polarisée autour les plus gros acteurs du secteur, les investisseurs les privilégiant pour des raisons de taille.

Si globalement les hedge funds ont tiré leur épingle du jeu en 2012 et ont continué de performer depuis début 2013, cette polarisation est aussi visible dans la distribution des performances. On constate des écarts toujours plus importants entre les meilleurs et les pires fonds pour chaque stratégie. La capacité à miser sur les stratégies et les gérants capables de dégager du rendement est plus que jamais cruciale. Selon Hedge Fund Research (HFR), les hedge funds ont enregistré en 2014 des entrées nettes de 76,4 milliards de dollars, assorties d’un gain de performance annuel de 3,3% de l’indice HFRI Weighted Composite Index. Plusieurs facteurs seraient ainsi à l’origine de cette reprise: les bonnes performances des gros fonds, la poursuite de l’activisme des actionnaires, qui a favorisé les sous-stratégies event-driven, ainsi que l’exposition en fin d’année aux prix du pétrole. 

L’encadrement réglementaire de la profession est devenu un enjeu majeur alors que des deux cotés de l’Atlantique les régulateurs ont relevé leur niveau d’exigence à travers la directive AIFM (Alternative investment fund manager directive) sur le Vieux Continent et la règle Volcker aux Etats-Unis. Une pression réglementaire et une demande de transparence qui poussent d’ailleurs beaucoup d’acteurs à offrir désormais leur gestion en format onshore et au développement de solutions d’intermédiation comme les plateformes de comptes gérés (managed accounts). 

Autre interrogation, les investisseurs s’interrogent de plus en plus sur le coût et les performances des hedge funds, depuis 2013. Ainsi douze ans après son incursion dans la gestion alternative, CalPers, premier fonds de pension américain, a annoncé le 15 septembre sa sortie de cette classe d’actifs, officiellement en raison de sa «complexité» et de son «coût», plus certainement à cause de ses performances insuffisantes.

AGEFI

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