Private Equity — 01/04/2015 at 16:16

Le « private equity », valeur refuge des investisseurs en quête de rendement

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Dans un univers de taux bas, le non coté séduit par sa promesse de rendement à deux chiffres. Mais un tri s’opère au profit des grands fonds.

Il y a cinq ans encore, il fallait la bannir. Prise dans la crise, portée par des gestionnaires financiers sans vision opérationnelle, prompts à engranger des commissions sur des capitaux non investis, la classe d’actif du « private equity » était le pari perdu des grands investisseurs. Elle est de nouveau portée aux nues. « Pour bon nombre d’investisseurs qui ne voulaient plus en entendre parler, le non coté est devenu leur valeur refug e », témoigne Antoine Dréan, le fondateur de l’agent de placement Triago. Selon le baromètre Coller Capital, réalisé auprès de 114 investisseurs dans le monde, le « private equity » est, parmi les actifs alternatifs (immobilier, « hedge funds », etc.), la classe d’actifs qui concentre le plus de nouvelles intentions d’investissement dans l’année.

Dans un contexte d’excès de liquidité et de taux très bas, ses performances ont de fait de quoi convaincre. 93 % des investisseurs anticipent des rendements de plus de 11 % dans les trois à cinq ans qui viennent, y compris dans les grandes acquisitions à effet de levier européennes (LBO). « Quand 60 % de votre portefeuille investi dans l’obligataire vous rapporte 1 %, et qu’il vous faut servir un rendement de 5 % à vos retraités, les 40 % restants doivent dégager un taux de rendement élevé. Or le “private equity” a toujours délivré des performances à deux chiffres », relève François Aguerre, associé chez Coller. Ce retour d’affection pour le « private equity » a été renforcé depuis que CalPERS, l’oracle du non coté, a dit qu’il n’investirait plus dans les « hedge funds ».

graph private equity

Mais cette ruée vers le non coté ne profite pas à tous. L’excès de liquidité n’inonde pas les 2.203 fonds dans le monde qui tentent de décrocher 837 milliards de dollars de capitaux (dont 449 fonds en Europe pour 215 milliards). « Depuis la crise, les investisseurs n’ont pas accru le nombre de leurs équipes de gérants, ils préfèrent augmenter la taille de leur ticket avec celles en qui ils ont confiance », poursuit François Aguerre. C’est le séisme qu’a provoqué CalPERS il y a quelques semaines. Le fonds de pension de 300 milliards de dollars a dit qu’il allait réduire des deux tiers le nombre de fonds dans lesquels il investit, à moins de 100, pour augmenter son allocation dans ces derniers. Résultat, la manne profite aux plus performants et aux plus gros fonds, et en première ligne aux fonds de LBO. Après les 8,5 milliards d’euros d’Advent levés en sept mois, les 10 milliards d’euros de CVC en sept mois, Hellman & Friedman a bouclé 10,9 milliards de dollars en six mois, sursouscrits de plusieurs milliards de dollars l’an dernier. Aujourd’hui, c’est au tour de l’européen Bridgepoint d’annoncer une levée éclair.

Phénomène d’embouteillage

En effet, quand le ticket minimal d’un investisseur augmente de 20 à 50 millions, ce dernier ne peut plus investir dans un fonds de moins de 500 millions d’euros, car il y pèserait trop lourd. Sans compter que « beaucoup de fonds de “mid market” se ressemblent et il y a un phénomène d’embouteillage  », relève Antoine Dréan. C’est ce que déplore l’Afic en France, avec des levées captées par des acteurs comme Ardian ou PAI. La catégorie des fonds de plus de 1 milliard a ainsi plus que doublé dans les levées depuis 2006.

Pour les plus petits fonds s’ajoute un autre facteur de sélection naturelle : la consolidation organisée par les organismes publics ou parapublics comme BPI en France, ses équivalents en Europe et le Fonds européen d’investissement. « Sans la carte de visite de ces acteurs, les plus petites équipes peinent à finaliser leur tour de table  », constate François Aguerre. Une frustration du marché, mais complètement assumée par Nicolas Dufourcq, le président de la BPI. Il a affirmé qu’il voulait 6 ou 7 « marques » visibles à l’étranger. En outre, avec les nouvelles règles de conformité et la batterie d’examen que font passer les investisseurs, la base de coûts a explosé et suppose une taille critique.

Les Echos

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