Management — 05/02/2015 at 16:47

Les gestionnaires de fortune suisses sont-ils devenus « has been » ?

by
tumblr_mrs5wtGqX11rxxym7o1_500
Nouvelles exigences réglementaires, passage à l’ « onshore », consolidation du secteur… Les temps sont difficiles pour les gestionnaires de fortune en Suisse. Reste que le pays maintient sa position de leader de la gestion de fortune avec ses 2040 milliards de dollars d’actifs sous gestion à fin 2014, en hausse de 14% sur un an, d’après les chiffres publiés hier par Deloitte. Pour combien de temps ?

De nombreux marchés internationaux sont en embuscade (Grande-Bretagne, Etats-Unis, marchés asiatiques)… Par ailleurs, ces chiffres sont un peu en trompe-l’œil : la fortune sous gestion a en fait décru de 7% depuis 2008 en Suisse. La hausse du volume du marché s’explique par la hausse des performances des marchés et non par l’acquisition de nouveaux clients.

Pour les gestionnaires de fortune, pas d’autre option qu’une remise en cause de la stratégie et des méthodes. Même si les résultats sont bons, comme chez Julius Bär, qui a annoncé aujourd’hui unbénéfice pour 2014 quasi doublé en un an, la tentation de couper dans les effectifs pour maintenir la rentabilité se confirme puisque dans le même temps l’établissement supprimera 200 postes en 2015, principalement en Suisse.

Une décision qui n’est pas évidemment pas étrangère à la levée du taux plancher par la Banque Nationale Suisse. Un coup de massue pour le secteur. « 80% de nos revenus sont réalisés en euros ou en dollars et notre base de coûts repose à 80% sur le franc suisse », avait rappelé dans Le Temps Boris Collardi, président de l’Association de banques suisses de gestion (ABG). Au point que la flambée de la devise suisse pousse certains à réfléchir à baisser les salaires des frontaliers.

Les banquiers suisses tirent craignent surtout une accélération de la concentration du secteur. Boris Collardi estime que dans 5 ans la Suisse n’aura plus que 100 banques privées contre 139 début 2014 et 182 en 2005.

En matière de restructuration, ce sont les fonctions support qui sont les plus vulnérables. Le cas de Julius Bär, qui a racheté fin 2013 Merrill Lynch’s International Wealth Management (IWM) en dehors des Etats-Unis, est parlant : les coupes affecteront principalement les fonctions de back et middle office et une réduction des dépenses marketing, précise le communiqué de la banque.

Côté front-office en revanche, la guerre des talents est plus que d’actualité. Tous les profils qui font la différence dans un marché de plus en plus compétitif auront toujours la faveur des recruteurs : des spécialistes des marchés émergents, des conseillers spécialistes des hedge funds ou du private equity, les gérants discrétionnaires, des experts de l’ingénierie patrimoniale…

Efinancialcareers.com

Le capitalisme à l’assaut du sommeil
Comment entrer dans la FinTech, par l’ex-Chief Information Officer d’UBS
Les 8 Erreurs à éviter pour réussir votre entretien annuel d’évaluation
Témoignage : « Je travaille dans une grande banque américaine à Paris. Rien à voir avec Londres »

Leave a Reply

— required *

— required *