Hedge funds et charité : la combinaison parfaite

robin hood
Un hedge fund qui fait des dons à des oeuvres des charité, gagne en notoriété et collecte ensuite davantage d’argent. En revanche, sa performance ne suit guère et chute de 7 % par an.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Cet adage, les hedge funds l’ont parfaitement compris et exploité à leur profit. Même quand ils font des dons à des oeuvres de charité, ils recherchent un bon retour sur investissement de leur générosité. En clair, faire des dons est pour eux un autre moyen, plus discret mais tout aussi efficace, de capter de nouveaux clients en augmentant leur notoriété et réputation. Ces conférences et soirées sont une occasion de rencontrer des investisseurs potentiels (fondations, particuliers fortunés…) hors des sphères balisées et dans une atmosphère plus détendue et informelle. Ces réunions permettent en outre aux gestionnaires, notamment les activistes (Bill Ackman, David Einhorn…) de mettre en avant leurs bonnes idées d’investissement du moment auprès d’un large parterre d’investisseurs. De quoi faire bondir les titres qu’ils ont en portefeuille et accroître ainsi leur richesse et réputation de star incontestée de Wall Street. Et l’efficacité est au rendez-vous. Un fonds qui fait des dons à des œuvres de charité collecte par la suite 20% de plus par an qu’un fonds qui n’en a pas fait. Ce sont les versements d’argent aux organisations très populaires dans le monde alternatif (« Robin Hood », « Sohn »…) qui génèrent le plus de collecte en retour pour leurs généreux donateurs. C’est particulièrement vrai pour les hedge fund anciens et de grande taille, des habitués de ces grands-messes, plus proches des « shows » de Broadway que des réunions classiques d’investisseurs .

Don et chute des rendements

Seulement, la performance du hedge fund altruiste a tendance à décliner après ses donations de près de 7% par an. Les chercheurs avancent plusieurs explications. « Le don permet à un hedge fund de limiter l’impact négatif de ses contre-performances sur les investisseurs. C’est un moyen de se prémunir contre ses baisses de rendement et les sorties de capitaux éventuelles qu’elles pourraient entraîner », estiment les universitaires. Le don est pour eux presque un instrument de couverture. Deuxième raison. Un gérant de hedge fund qui consacre de plus en plus d’argent et de temps à des oeuvres de charité suggère qu’il change ses ambitions et priorités. Il peut préparer en cela sa sortie du monde de la gestion alternative. Ainsi, plus un fond donne d’argent à une organisation caritative dont son gérant siège au conseil d’administration, plus les investisseurs auront tendance à retirer leur argent de ce hedge fund  : pour eux c’est le signe que ce dernier va connaître une longue période de contre-performance, son gérant ayant d’autres préoccupations que la quête exclusive du rendement.

1 dollar sur 3 va à l’éducation

Les dons des gérants de hedge funds à des organisations de charité ont nettement augmenté à partir de 2004. Ils ont grimpé jusqu’à près de 50 millions de dollars en 2008 au moment de la crise pour redescendre ensuite à 15 à 25 millions par an dans les années suivantes. Ils sont repartis en 2012 où ils ont atteint près de 65 millions de dollars. 1 dollar sur trois profite à des projets ayant trait à l’éducation, 1 à sur 6 à l’art et moins d’un sur 10 à l’environnement.

Les Echos

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*