Une véritable histoire d’amour entre les universités américaines et les hedge funds

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Harvard prend le contre-pied du fonds de pension californien Calpers.

A la différence du fonds de pension de Californie Calpers qui a annoncé qu’il n’investirait plus dans des hedge funds, l’université américaine d’Harvard va au contraire augmenter de 15% à 16% leur part dans son portefeuille. Les placements alternatifs (hedge funds, capital investissement) de la prestigieuse université représentent plus du tiers de ses 36,4 milliards de dollars sous gestion. C’est loin d’être un cas isolé, tant les hedge funds semblent tenir à cœur aux universités, qui y investissent pour certaines depuis près d’une vingtaine d’années. D’où leurs difficultés à s’en départir, car elles en font une part essentielle, non négociable, de leur portefeuille. Une inertie qui résiste contre vents et marées aux contre-performances des fonds alternatifs.

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Les fonds des universités se sont inspirés du pionnier sur lagestion alternative, dès 1990, Yale, dont elles ont imité le modèle. Dans son sillage, Princeton, puis Harvard ont succombé aux charmes des hedge funds. « Investir sur ces derniers « a été perçu comme un des meilleurs moyens d’augmenter leur rendement et tenter de rattraper leur retard sur les plus performants », soulignent des chercheurs (1). Plus une université est importante plus elle sera encline à investir sur cette classe d’actifs, qui nécessite beaucoup de moyens, notamment humains. Entre 2006 et fin 2012, leurs investissements sur les hedge funds ont progressé de 12% à 19% de leurs capitaux totaux, et ceux dans le capital investissement de 5% à 9%, selon une autre étude (2). Cette diversification s’est notamment effectuée au détriment des actions américaines, dont le poids a diminué de 46% à 32%. Au cours du temps, plus les universités allouaient des capitaux aux stratégies alternatives (hedge funds, capital investissement), plus elles en attendaient des rendements élevés. Elles anticipaient par exemple que leurs investissements dans le capital investissement enregistreraient un surcroît de rendement annuel de 4 % par rapport à des placements traditionnels (actions et obligations). Elles avaient des attentes bien plus réalistes pour leurs hedge funds, dont elles espéraient un modeste surcroît de performance de 0,7 % par an. Les universités ont aussi tendance à augmenter leurs placements en hedge funds après que ces derniers ont connu de bonnes performances.

L’âge d’or des hedge funds

Les fonds de dotation des universités utilisent l’effet de levier (endettement) mais ont rarement recours à la vente à découvert. La plupart confient l’essentiel de leurs capitaux à des gérants externes, qu’elles sélectionnent, suivent et contrôlent. Toutefois sur deux décennies (1991-2010), les rendements supérieurs des universités d’élite de « l’Ivy league » (Harvard, Yale, Princeton…) s’expliquent surtout par leur décision d’investir beaucoup et de manière précoce sur les hedge funds à une période très favorable, le véritable âge d’or des fonds alternatifs (3). Elles ont eu du flair sur les perspectives de cette industrie, plus qu’elles n’ont trouvé une poignée de gérants « extraordinaires ». Leurs changements tactiques de classes d’actifs (actions, obligations) en fonction des conditions de marché n’ont pas contribué non plus à améliorer leurs rendements.

Les Echos

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