Hedge funds et média sociaux, une belle histoire se profile

new york

Les fonds alternatifs restent très prudents en matière de communication et réseaux sociaux.

Un paradoxe. Pourtant à la pointe des innovations financières et technologiques, les hedge funds sont peu présents sur les médias de demain, les réseaux sociaux. Le JOBS Act, promulgué il y a un an aux Etats-Unis, leur a pourtant ouvert grandes les portes de la communication, publicité et des médias. Mais ces fonds ne passent pas de l’ombre à la lumière, aussi facilement et aussi vite.

Couverture médiatique

Ils n’avaient pas besoin de communiquer durant l’ âge d’or (2000-2007) de leur performances : les clients venaient naturellement à eux. Longtemps habitués à vivre cachés, donc heureux, ils débutent prudemment dans la sphère médiatique. Sur les 300 plus grand hedge funds seul 1 sur 10 dispose d’un compte twitter selon une étude de la société de communication Peppercomm. Sur cette trentaine de fonds qui gèrent en moyenne 9 milliards de dollars, 6 ont des comptes protégés, nécessitant leur accord pour recevoir leurs messages. Les hedge funds se prêtent au jeu mais sans pour autant livrer leurs petits secrets. Les comptes publics n’émettent qu’une dizaine de messages ou « tweets » par mois (vie de la société, interview de ses gérants…) mais n’en recueillent pas moins 15.000 abonnés par compte en moyenne. En effet, les hedge funds restent un sujet très porteur. Sur les 7 premiers mois de l’année, 100 000 articles leur ont été consacrés, soit déjà presque qu’autant qu’en 2007 ou 2008, les années record pour leur couverture médiatique.

Pas de vision stratégique

Les hedge funds « manquent de vision stratégique quant à leur utilisation des médias sociaux. Ils ne prennent conscience que lentement de leur importance » souligne l’étude. Les fonds alternatifs sont bien plus à l’aise avec LinkedIn que Twitter. Les deux tiers des plus grands fonds ont une page LinkedIn, suivie par 2300 personnes. Mais comme pour Twitter, ils l’alimentent peu en nouvelles informations. Seule une dizaine d’entre eux sur 190 font l’effort d’animer leur compte LinkedIn sur une fréquence mensuel. 9 hedge fund sur 10 ont un site internet mais plus d’un sur deux ne livre que des informations très sommaires, telles l’adresse du fonds, une courte présentation de ses activités et de son équipe, et éventuellement des offres d’emploi. N’y figurent jamais le montant des actifs et encore moins les performances. Toutefois depuis un an, une quarantaine de fonds, de taille intermédiaire (1 à 5 milliards de dollars d’actifs) ont lancé leur site et comblent ce vide.

Retour sur investissement recherché

Pour l’instant, seule une poignée de hedge funds comme Balyasny ont publié des réclames dans des journaux ou revues. Les conférences leur permettent de faire leur publicité de manière indirecte et de façon plus efficace, avec un meilleur retour sur investissement. Les réunions organisées par « Delivering alpha » (CNBC et institutional investors), la fondation Robin des Bois de Tudor-Jones ou la fondation Sohn pour la recherche médicale, donnent aux hedge funds des tribunes pour présenter leurs bonnes idées du moment. Un moyen de braquer les projecteurs sur eux au moment opportun et convaincre ainsi d’autres investisseurs de suivre leur exemple.Les hedge fund activistes (Pershing, Greenlight, ThirdPoint…) sont des invités réguliers de ces réunions où ils assurent le « show » et accroissent ainsi la notoriété de leurs fonds, synonyme de plus forte collecte.

Les Echos

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