Calpers, le gigantesque fonds de retraite, sort des hedge funds

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Le fonds de retraite des 1,6 million de fonctionnaires de Californie met fin à son expérience avec les hedge funds.

Le fonds de retraites des fonctionnaires de Californie, Calpers, 300 milliards de dollars de capitaux, ne veut plus entendre parler des hedge funds, 12 ans après y avoir placé son premier dollar. Il a annoncé qu’il allait sortir de la trentaine de hedge funds dans lesquels il avait investi, mais sans préciser ce qu’il allait faire de l’argent récolté – 4 milliards de dollars.

Les performances décevantes globales des fonds alternatifs depuis la crise n’ont pas contribué à redorer leur blason, conduisant le fonds de pension à une revue drastique de ces placements. Les commissions prélevées par ces fonds, des centaines de millions de dollars par an, sont apparues bien élevées au regard des rendements qu’ils ont délivré. En effet, lors de son exercice fiscal clos le 30 juin dernier, le fond s a dégagé une performance de 18,4%, dont 24,8% pour son portefeuille boursier, mais seulement 7,1% pour ses placements en hedge funds.

Rapport accablant de Wilshire

Remis en 2013 au fonds de pension, le rapport du consultant Wilshire sur les performances des fonds alternatifs a livré un constat accablant sur leur valeur ajoutée à long terme : sur 10 ans, ils lui ont rapporté en moyenne 5,2% par an, contre 8,6% pour son indice de référence des fonds alternatifs. Sur 5 ans, leur valeur ajoutée est nulle (-0,1%). En outre, les placements alternatifs nécessitent des équipes chevronnées (en interne ou en externe) et donc chères pour les sélectionner, suivre leur stratégies.

Le gigantesque fonds de pension a investi par le passé dans des hedge funds tels Canyon, Och-Ziff, Lansdowne, Chatham, Brookside, Deephaven et Tennenbaum… Il y a 10 ans, les fonds de pensions américains (General Motors, General Electric…) investissaient moins de 1 % de leurs actifs sur les hedge funds. Aujourd’hui cette part est de 5 % selon la société Agecroft partners, mais c’est surtout le cas pour les fonds disposant d’une certaine taille et de certains moyens.

Les grandes universités américaines investissent dans les hedge funds

Ces fonds seront ils tentés d’imiter Calpers, qui jouit d’une très bonne réputation dans ce milieu ? La décision de Calpers justifie en tout cas la prudence et méfiance dont ont fait preuve certains grands institutionnels, tel le fonds souverain norvégien , à l’égard des hedge funds.

De leur côté, les grandes universités américaines (Harvard, Yale…) continuent d’investir jusqu’à la moitié de leur capitaux sur les stratégies alternatives (hedge funds, capital investissement…), malgré, là aussi, une controverse grandissante sur le « modèle de Yale », en référence à cette université, qui fut la première, dès 1990, à céder aux charmes des hedge funds.

Les Echos

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