Hedge funds : une force de frappe de 250 milliards de dollars

bloom
Ils font la pluie et le beau temps sur le Nasdaq, le marché américain des valeurs technologiques. Descendants et disciples du « hedge fund » « Tiger » de Julian Robertson, une centaine de « hedge funds » baptisés les « tigres » disposent de 250 milliards de dollars de force de frappe.

Ironiquement, alors que le fonds de Robertson ferma en 2000 pour avoir parié, trop tôt, sur l’effondrement de la bulle Internet, ses disciples sont férus de valeurs technologiques, qui représentent autour du quart de leur portefeuille. Jamais un gérant de « hedge funds » comme Julian Robertson, aujourd’hui retraité, n’a eu une descendance aussi nombreuse et une telle influence sur les gérants actions. Parmi eux, quelques fonds emblématiques gérant de 5 à 25 milliards de dollars : Philippe Laffont (Coatue), Chase Coleman (Tiger Global) ou John Griffin (Blue Ridge), etc. Après une bonne année 2013, ils ont été durement affectés par la chute des valeurs technologiques. Au point que Coatue s’apprête à rendre à ses clients 2 des 7 milliards de dollars qu’ils lui avaient confiés, selon le « Financial Times ». Objectif ? Redevenir un « jeune tigre », un fonds plus agile et discret, afin d’aller chasser de plus petits gibiers, en dehors des grandes valeurs stars du Nasdaq.

Selon les périodes, entre 10 % et 16,5 % de la valeur d’un portefeuille d’un « hedge fund » comportent les mêmes titres que ses homologues estampillés « Tiger », d’après des travaux (1) de Novus Research sur sept ans (mars 2006-septembre 2013). Ces actions détenues en commun (Facebook, Priceline.com, Liberty global, Google…) par au moins une quinzaine de fonds sont vulnérables en cas de sorties massives et concomitantes des fonds. Toutefois, leurs comportements moutonniers, qui s’étaient accentués durant l’envolée du titre Apple de 300 à 700 dollars entre juin 2011 et septembre 2012, se sont réduits depuis. Leur politique d’investissement est moins homogène. C’est la sélection de titres au cas par cas qui génère 80 % de leur rendement. Leur choix judicieux des titres Apple, Google, Baidu, etc., leur a longtemps profité.

Gestion de long terme

Contrairement à une idée reçue, ces « hedge funds » ne sont pas très court-termistes. Ils restent souvent investis des mois, voire des années. Un enseignement de Robertson, pour qui seule la gestion de long terme a un sens : un bon placement est un titre qui doit au moins doubler en trois ans. Les tigres ont enregistré leurs meilleures performances au début des années 2000. Mais en grossissant parfois très vite, ils ont été contraints de délaisser les petites valeurs pour se positionner sur les grandes. Depuis 2008, la taille moyenne de la capitalisation boursière d’une société détenue par un tigre a presque doublé, à 16 milliards de dollars. Les fonds ont conservé des portefeuilles concentrés et ont peu augmenté leur nombre de titres, qui est passé de 34 à 38 sur la période.

Les Echos

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