Une poignée de « hedge funds » raflent la mise des rémunérations

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2013 s’est avérée une année plus que profitable pour la poignée de « hedge funds » les plus expérimentés, selon le classement annuel « Forbes » des rémunérations. Ce dernier récompense les gérants les plus talentueux et ceux positionnés sur les stratégies les plus porteuses en 2013, à savoir les actions.

Les 25 gérants les mieux payés ont gagné 24,3 milliards de dollars l’année passée, soit deux fois plus qu’en 2008 durant la crise économique (11,6 milliards). En moyenne, ils ont gagné chacun autour de 1 milliard de dollars, mais avec d’amples variations de 4 milliards pour George Soros, à 280 millions pour Chase Coleman, un ancien protégé d’une autre légende des « hedge funds », Julian Robertson.

Dominé par les Américains

Cette concentration des richesses et des gains est très forte par rapport aux dernières années. En effet, en 2012, les 40 gestionnaires les mieux rémunérés n’avaient gagné que 16,7 milliards de dollars, et 13,2 milliards l’année précédente. Encore une fois, le classement 2013 est largement dominé par les acteurs américains expérimentés (15 à 30 ans d’ancienneté), et ne compte aucune femme. C’est George Soros, qui termine en tête du classement. Avec une performance de 22 %, son « family office » lui a permis d’engranger une rémunération de 4 milliards de dollars. En seconde position figure un habitué des podiums, David Tepper, le fondateur d’Appaloosa qui a gagné 3,5 milliards en 2013. L’ancien trader obligataire avait déjà terminé en tête du classement « Forbes » en 2012, avec une rémunération de 2,2 milliards de dollars. Médaille de bronze, Steve Cohen a gagné 2,3 milliards de dollars, soit davantage que l’amende (1,8 milliard de dollars) qu’a dû acquitter son fonds pour mettre fin aux poursuites pour des délits d’initiés. Ray Dalio est 7e, avec un gain de 900 millions. Son fonds Bridgewater a cumulé deux handicaps en 2013 : sa taille, trop imposante de 150 milliards de dollars d’actifs, et sa stratégie, « global-macro » (investissements sur tous les actifs), peu porteuse l’année passée, compte tenu des multiples rebondissements qu’ont connu les marchés.

Le premier « non américain » est anglais, Christopher Hohn (18e), fondateur du « hedge fund » activiste « The children’s investment fund management ». Les activistes ont connu une très bonne année grâce à quelques campagnes couronnées de succès. Ce fut le cas pour David Einhorn (20e, 350 millions de dollars), Edward Lampert (14e, 500 millions) ou Dan Loeb (11e, 700 millions). En 2013, un autre activiste de renom, Bill Ackman n’est pas parvenu à intégrer le top 25 des rémunérations des « hedge funds ». Mais son fonds, qui gagne déjà plus de 12 % cette année, grâce à ses investissements sur Freddie Mac et Fannie Mae, n’a pas dit son dernier mot. Le gérant a promis de nouvelles révélations sur le dossier Herbalife, qu’il accuse d’être une chaîne de Ponzi, le 11 mars prochain.

Cas très rare, un gérant de « hedge fund » est sorti par la petite porte de l’industrie en 2013. « Si vous écrivez sur nous cette année, nous sommes perdus », avait déclaré aux « Alphas magazine », John Taylor, le fondateur du plus gros fonds sur les devises, et qui obtint la 9e plus forte rémunération en 2008. « La dernière fois que nous avons reçu une telle publicité ce fut en 1993, juste avant notre pire année ». Sa « pire » année, FX Concepts la connaîtra en 2013 avec la faillite retentissante de ce spécialiste des changes.

Les Echos

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