Entreprise — 07/02/2014 at 14:08

A la conquête du secteur de l’éducation avec le groupe Inseec: Apax abat sa carte maîtresse

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Le fonds d’investissement français Apax Partners (Altran, Afflelou…), qui vient de racheter le groupe Inseec pour 200 millions d’euros à l’américain CEC, a de grandes ambitions dans le secteur de l’éducation. L’Inseec est déjà l’un des leaders français de l’enseignement supérieur. Cette société privée compte 15 000 élèves et détient des écoles de management comme l’Inseec, l’ECE, MBA Institute, Sup Career, mais aussi de communication avec Sup de Pub ainsi que des prépas avec Sup Santé, Sup Social et Atout Sup.

“Notre vocation est d’identifier des entrepreneurs et des sociétés que nous accompagnons pour en faire des champions européens ou mondiaux, explique Bertrand Pivin, directeur associé d’Apax Partners. C’est le projet pour l’Inseec.” Selon lui, alors que les effectifs dans l’enseignement supérieur progressent peu en France, le secteur privé se développe vite. En 20 ans, son poids est passé de 13 à 18 % sur un marché qui compte 2,4 millions d’étudiants. “Il y a de place pour faire émerger de grands groupes d’éducation supérieur alors que le secteur est encore très fragmenté, indique-t-il. Plus généralement, nous voulons explorer le marché des crèches jusqu’au supérieur.”

L’Inseec comme vaisseau amiral

Ainsi, depuis le rachat de l’Inseec, Apax Partners reçoit deux à trois sollicitations … par jour de groupes en France mais aussi en Angleterre ou en Europe centrale. L’Inseec va servir de plateforme de développement. Ce groupe, dirigé par Catherine Lespine, a connu une croissance fulgurante ces dernières années. Au cours de la décennie passée, il a multiplié par cinq le nombre de ses étudiants et atteint un budget de 126 millions d’euros. L’essentiel des recettes est concentré au sein d’une structure commerciale qui vend des prestations à l’ensemble des écoles du groupe comme le marketing, l’informatique, l’administration… L’entreprise a été valorisée autour de 12 et 13 fois l’Ebitda.

L’objectif d’Apax Partners est de doubler sa taille d’ici cinq ans grâce à international, au développement de la formation professionnelle et à la création de nouvelles écoles. “Nous avons actuellement 18 % d’étudiants étrangers, nous en aurons 30 % d’ici à 5 ans”, indique Catherine Lespine. Le groupe souhaite ouvrir des campus en propre ou en joint-venture en Chine et en Corée mais aussi au Brésil ou au Mexique. Il est déjà présent à Chicago, San Francisco, Londres et Monaco. Pour expliquer sa stratégie, Bertrand Pivin prend l’exemple de Capio, le leader européen des cliniques privées dont Apax est actionnaire, qui compte 140 établissements en Europe. “Son chiffre d’affaires est passé de 780 millions à 1,4 milliard depuis notre entrée au capital en 2007 grâce à la croissance externe et au partage des bonnes pratiques.”

Valoriser au maximum l’Inseec pour en sortir d’ici 7 ans

Pour accroître sa réputation et sa visibilité, l’Inseec va aussi investir dans la recherche en se focalisant sur des secteurs comme le luxe, le tourisme et le vin. “Nous allons continuer à recruter de grands chercheurs dans ces domaines au cours des six prochains mois et faire des annonces lors d’un symposium international à Monaco en avril”, prévient Catherine Lespine. Des modules d’e-learning sur mesure pour les entreprises seront lancés, à cette occasion, en français, anglais et … mandarin. L’école de commerce veut aussi obtenir l’accréditation AACSB, gage de qualité pédagogique, à un proche horizon. Elle compte aussi renforcer ses équipes en matière de coaching et des services carrière afin d’améliorer “l’excellence du service” apporté aux étudiants et leur employabilité.

Reste la question de la taille critique dans le secteur de l’enseignement : a-t-elle un sens? Et surtout, l’arrivée d’un fonds d’investissement au capital ne risque-t-il pas de conduite à une stratégie de court-terme d’augmentation des frais de scolarité et de ponction financière des écoles vers la société holding. “Nous n’allons faire remonter aucun dividende, affirme Bertrand Pivin. Toutes les ressources du groupe seront réinvesties, ce qui n’était pas le cas avant. L’Inseec disposera de la totalité de son cash-flow pour poursuivre son développement.” L’objectif d’Apax est de valoriser l’entreprise en vue d’une sortie d’ici 5 à 7 ans. D’ici là, le fonds compte bien pouvoir jouer dans la cour des grands.

Challenges.fr

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