« Hedge funds » : Londres perd plusieurs de ses plus grandes stars

Le Français Pierre-Henri Flamand a annoncé qu’il fermait Edoma Capital Partners après des performances décevantes. Il estime qu’« il ne peut pas gagner d’argent dans l’environnement » actuel. Son renoncement suit celui d’autres vedettes du secteur, à l’instar de Greg Coffey ou Chris Rokos.

La communauté des « hedge funds » londonienne vient de perdre plusieurs de ses grandes vedettes en quelques mois. Ces financiers particulièrement performants pendant les années 2000 ont souvent rencontré des difficultés dans les marchés chahutés depuis l’éclatement de la crise.

Pierre-Henri Flamand, le trader français qui a un temps géré l’unité de compte propre la plus importante de la banque américaine Goldman Sachs, a ainsi décidé la semaine dernière de clôturer son « hedge fund », Edoma Capital Partners, qui avait réussi le plus gros lancement de fonds alternatif en Europe en 2010. Alors que ses actifs sous gestion ont fondu de 2 milliards de dollars à 850 millions depuis novembre 2010, notamment en raison d’une performance de gestion négative de 7 % sur la période, il a reconnu « ne pas pouvoir gagner d’argent dans cet environnement de marché ».

Son renoncement suit de près le départ en retraite de Greg Coffey, une véritable légende de l’industrie, surnommé le « magicien d’Oz » ou le « bull des bull markets ». Connu pour faire affréter ses ordinateurs sur ses lieux de vacances pour rester en contact avec les marchés, cet homme âgé de quarante et un ans avait refusé en 2008 des « menottes d’or » de 250 millions de dollars pour rester chez GLG afin de rejoindre Moore Capital, la firme créée par le pionnier de l’industrie des « hedge funds », Louis Bacon. Après avoir enregistré une croissance moyenne de 22 % par an de ses actifs depuis 2004, ses récentes performances n’étaient plus à la hauteur. Son fonds GC Emerging Macro a notamment perdu 10 % cette année et ses actifs ont fondu de 1,6 milliard de dollars à 450 millions, selon « Financial News ».

Associations caritatives

Chris Rokos, un des fondateurs de Brevan Howard, a lui aussi raccroché les gants en août pour se « consacrer à d’autres activités ». Il a été suivi un mois plus tard par Driss Ben Brahim, un ancien de Goldman qui avait remplacé Greg Coffey chez GLG en 2008. Ce dernier consacre une grande partie de son temps à des associations de charité, selon un gérant de « hedge funds » londonien.

« Ce type d’ex-traders ou de gérants de “hedge funds” ont fait des centaines de millions de dollars de profits à titre personnel, explique un gérant de fonds alternatif londonien. En plus d’être moins motivés, ils ne sont pas forcément aussi bons dans les marchés heurtés actuels que dans les conjonctures haussières pendant lesquelles ils ont gagné leur réputation à force d’audace. En outre, les investisseurs sont devenus bien plus exigeants sur la liquidité des fonds car ils veulent récupérer leur argent rapidement si nécessaire. »

Pierre-Henri Flamand avait créé Edoma Capital Partners avec d’autres anciens de Goldman. Le fonds suivait la stratégie dite « event driven » dans le jargon de l’industrie, c’est-à-dire qu’il achetait des titres de sociétés pouvant faire l’objet de restructurations, d’OPA… « C’est très décevant pour chacune des parties prenantes, a reconnu Pierre-Henri Flamand dans un courriel. Compte tenu des conditions de marché sans précédent, nous avons jugé que le plus responsable était de rendre leur argent aux investisseurs. »

Les Echos

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*